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l\ QUESTION FINANCIÈRE S7
système que les gouvernements portugais n'ont cessé de pratiquer, depuis un certain nombre d'années, de solder les déficits du budget, en augmentant la dette du Trésor vis-à-vis de la Banque d'émission.
L'examen de la situation de la Banque dti Portugal nous donne ainsi une autre explication de l'agio.
Cette Banque est née en 1846 de la fusion de la Banque de Lisbonne et de la Compagnie la Confiance Nationale ; de par son origine, elle était créancière du gouvernement pour une somme de \ 1.400 contos de reis, soit une soixantaine de millions de francs. En 1887, cette dette fut réduite à 3.464 contos; mais lorsque, par une loi en date du 29 juillet de cette même année, l'État renouvela son privilège, il lui imposa de telles conditions, que, douze ans plus tard, en 1899, elle lui avait prêté o3 millions de milreis, dont la moitié était avancée en compte courant en vertu du contrat du 9 février 1895. « A ce moment, la circulation totale était de 67 millions, en sorte que les quatre cinquièmes étaient gagés par une créance sur TEtat. Rarement un établissement d'émission a été mis à contribution dans une pareille mesure par un gouvernement, qui payait, sur cet énorme découvert, un intérêt inférieur à 2 p. 100... » '
La Banque de Portugal a jusqu'en 1928 le monopole de l'émission, dans le roj^aume et les îles adjacentes, de billets ayant cours légal, remboursables à vue et en or ; elle en crée aussi qui sont payables en argent ou en cuivre ". La cir-
\ . Raphaël-Georges Lévy, Banques d'émission et Trésors Publics, p. 163 et suiv. (Hachette, 1911). C'est à ce remarquable ouvrage que nous empruntons la plupart de nos renseignements concernant la Banque de Portugal.