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02 I.E PORTUGAL ÉCONOMIOUE
ce pays avec T Angleterre. Mais, bien que la loi fixât l'iinifé monétaire, appelée milreis et contenant 1 gr. 626 d'or fin (correspondant à une valeur intrinsèque de 5 fr. 58 environ), le Portugal n'avait pas d'autonomie monétaire. La même loi donnait, en effet, cours légal aux souverains et demi-souverains anglais, et jusqu'en" 1891, date de la faillite, les monnaies anglaises furent à peu près les seules à circuler dans le pays. Il ne fut frappé que 7.950.000 milreis de monnaies d'or à l'effigie portugaise, soit 44.500.000 francs. La fabrication des pièces d'argent de 50 à 100 reis a atteint, de 1854 à 1908, 34.020.436 milreis (190 millions et demi de francs). 11 faut y joindre 4 millions de milreis de monnaie de nickel et 38.660 milreis de monnaie de bronze.
La monnaie dominante est donc le billet de Banque inconvertible, dont l'émission est autorisée pour 72.000 contos, qui sont déjà, nous l'avons vu, tout près d'être réalisés.
Il a été question à diverses reprises d'une refonte du système monétaire au Portugal : le dernier projet en date (mars 1910), celui de M. Soares Branco, contrairement aux idées qui avaient servi de base aux projets antérieurs — de MM. Pequito et Schroeter notamment — et qui tendaient à rapprocher la nouvelle monnaie le plus possible de celles de l'Union Latine, viserait, au contraire, à singulariser le t^^pe de toutes les monnaies qui devront avoir cours au Portugal, tant en ce qui concerne la valeur intrinsèque que la division et le titre du métal. La nouvelle unité serait le cruzado, contenant 709 milligrammes d'or au titre de 916 2/3 millièmes, qui serait échangé contre les monnaies actuelles sur le pied de 400 reis ; or, 400 reis contiennent aujourd'hui exactement la même quiintité d'or. Il s'agirait donc non pas d'une stabilisation du change pouvant être suivie d'une tcnlati\e de reprise des paiements en espèce, mais d'un simple changement de dénomination, commode pout-rire pour les li-ansactions journa-
LA QUESTION FINANCIÈRK 93
lières, mais sans autre portée; le Trésor seul en tirerait j)rofit, le projet comportant l'abaissement du titre des monnaies d'argent de 916 2/3 millièmes à 835 millièmes*.
En ce qui concerne les autres réformes, voici celles que préconisait V Association Commerciale de Porto, dans un plan financier présenté ces dernières années : conversion de la dette consolidée intérieure, en réduisant sa valeur nominale en harmonie avec la capitalisation normale du Portugal ; consolidation de la dette flottante extérieure et de la plus grande partie de l'intérieure, en fortifiant en même temps la circulation fiduciaire ; régularisation définitive de la situation de l'État par rapport à la Banque de Portugal, par suite de la circulation fiduciaire, et par rapport à la Compagnie des Tabacs, par suite des obligations destinées à amortir l'emprunt de 1891 : l'État réaliserait ce double objectif au moyen d'un emprunt extérieur, de 20 millions de livres, garanti en seconde hypothèque par les recettes des douanes, et qui permettrait aussi de procurer au Trésor les sommes nécessaires au paiement de la dette flottante extérieure et à la normalisation du change.
Selon certains financiers, il serait possible de gager cet emprunt sur les redevances dues par la Compagnie Royale des Chemins de fer à l'État (qui s'élèvent à 34 millions de francs, sur lesquels 10 miUions environ sont affectés au service des obUgations) et sur les recettes du chemin de fer de Minho et Douro et du Sud-Ouest, qui est exploité actuellement par l'État, mais qui pourrait, comme les Tabacs, être affermé à une société.
On préconise aussi le paiement des droits de douane en or — comme cela a déjà été établi en Espagne. Mais il est permis d'éprouver quelque inquiétude au sujet des conséquences que cette mesure pourrait avoir sur les relations commerciales du Portugal avec l'étranger.