‹ Le Portugal et ses coloniesChapitre 39 sur 194 · Voir E. ïhéry, loc. cil., p · texte numérisé non relu

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De toute façon, il est hors de doute que la situation comporte également tout un ensemble de réformes économiques. On peut dire que le- Portugal a vécu jusqu'à ce jour d'une vie purement artificielle. Après qu'il n'eut plus à compter sur les ressources qu'il tirait autrefois des Indes et de sa colonie du Brésil, il ne connut pas d'autre moyen, pour faire face au déficit, que l'or obtenu par des emprunts à l'étranger ou provenant des envois des émigrants, principalement d'Amérique.

« Une nation ne peut cependant — écrit un économiste portugais, M. Roque da Costa — se maintenir indéfiniment dans la dépendance de l'étranger. Pour notre pays, la source des emprunts est tarie; le transfert des capitaux accumulés au Brésil a pris fm. Dans ces circonstances, il ne nous reste pas d'autre ressource que de produire ce qui est nécessaire à notre subsistance, si nous ne voulons pas compromettre irrémédiablement notre propre indépendance ^.. »

Nous ne relèverons pas ce que le ton pessimiste de ces lignes peut avoir d'excessif. On ne saurait nier, en tout cas, que les gouvernements portugais ont toujours négligé cette vérité que c'est dans le développement de sa production nationale qu'un peuple puise les moyens et la force de préserver son autonomie.

Que sans parler de leurs vastes possessions coloniales qui — ainsi que nous le verrons — pourraient être pour eux, à la condition d'être mieux administrées et convenablement outillées, la source de richesses considérables, les Portugais trouvent, sans quitter leur propre territoire, de très importantes ressources, c'est ce que nous allons nous efforcer de démontrer dans les chapitres suivants.

1. C. Roque da Costa, l'roblemas da Economia Sacional. 1909, p. 12.

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