‹ Le Portugal et ses coloniesChapitre 45 sur 194 · L AGRICULTURE · texte numérisé non relu

L AGRICULTURE

que la production du beurre est évaluée — pour le Portugal continental (sans parler de Madère et des Açores, où cette industrie est très importante) ' — à 730.000 kilogrammes, celle des fromages à 5. 560. 000 kilogrammes. Cette production, qui est loin, au reste, de suffire à la consommation, ne permet qu'une très petite exportation (16.790 kilos environ), à destination surtout des colonies portugaises, et aussi, pour une part bien moindre, du Brésil (50 tonnes en 1905).

En ce qui concerne la production des céréales^ le Portugal est également déficitaire. Il le doit à son climat qui ne se prête guère à cette culture. Du Minho à l'Algarve, on trouve cependant le blé, le maïs, le seigle, l'avoine, le riz, ensemble ou isolément, et intimement associés à la production du bétail, de la vigne, aux arbres fruitiers.

Le blé et Forge sont cultivés principalement dans le centre et dans le midi ; le maïs et le seigle se trouvent, au contraire, surtout dans le nord. Le maïs (inilho) est répandu dans la partie basse de la côte océanique, entre Aveiro et Valença de Minho; il forme la base à peu près exclusive de l'alimentation des classes pauvres, dans toute la province de Minho. Le seigle, auquel conviennent les terres maigres et sablonneuses, est surtout cultivé dans la partie montagneuse de Beira etde Tras-os-Montes.

gleterre, en 1885, à limportation du bétail portugais, il faut y ajouter l'aggravation du change, à la suite de la crise financière de 1891, et la promulgation de tarifs douaniers très protectionnistes, l'année suivante.

1. Production du beurre à Madère : 450.000 kilogrammes. Açores : 120.000 kilogrammes.

L'exportation est évaluée il 20.000 kilogrammes et a pour principal marché les colonies portugaises. On importe encore du beurre, mais pour une quantité bien moindre qu'avant 189:i : cette importation, évaluée à I.SOq tonnes en 1887, n'était plus, en effet, que de 27 tonnes en 1908.

no LE PORTUGAL ÉCONOMIQUE

La culture des céréales, la plus ancienne qui soit, est donc liée à la vie rurale porlugaise : une année de bonnes récoltes est une année de prospérité générale pour le pays. Malheureusement, ces récoltes, par suite de F irrégula ri lé déconcertante du climat, varient souvent du simple au quintuple! Et toutes les mesures législatives édictées en vue d'amener une hausse artificielle des cours du blé ne changeront rieil à cet état de choses. La superficie cultivée en blé est évaluée à 4S0.000 hectares* ; mais le rendement moyen par hectare ne dépasse guère 8 à 10 hectohtres.

Dans les années normales, la production ne représente encore que 60 p. 100 de la consommation : c'est particulièrement à la Russie et aux Etats-Unis que le Portugal demande le complément de cette production "^

La production du maïs est plus élevée : elle est évaluée de 1,4 (1907) à 3 millions (1908) d'hectolitres; par suite, son importation est moins considérable, tout en laissant cepen-. dant d'être assez importante \

i. Exactement 453.112.17 hectares, d'après la dernière statistique officielle.

2. Une seule fois, en 1902, à la suite de circonstances exceptionnellement favorables, il y a eu presque équilibre entre la production et la consommation du blé, qui est évaluée à 252.000 tonnes métriques par an. Voici, en regard, la moyenne annuelle de l'importation du blé : .

De 1885 à 1890 104.000.000 kilos

De 1890 à 1895 122.500. 000 —

De 1895 a 1900 113.000.000 —

De 1900 à 1905 80.000.000 —

De 1905 à 1908 83.400.000 —

Inipoilalion en 1908 125.301.511 —

En 1'j02, l'importation ne fut que de 9.170 tonnes. Les années de plus forte importation ont été : 1893, avec 144.404 tonnes, 1897 avec 141.228: 1893 avec 137.903; 1900 avec 136.870; 1905 avec 127.171; 1907 avec 12o.392 tonnes du maïs.

Page 1