Moyenne annuelle des importations
De 1886 à 1890 13.494.000 kilos
De 1890 à 1895 14.5U5.000 —
De 1895 k 1900 - 40 524.000 —
De 1900 K 1905 i:t.826.0û0 —
De 1905 h. 1908 28.094.000 —
Imporlalion eu 1908 .ILIOS POO —
Les deux années de plus forte importation ont été : 1879 avec 82..S.18 tonnes et 1899 arec 81.869 tonnes.
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La production du seigle (9.000 tonnes en 1907, 6.800 en 1908), ne suffit pas non plus à la consommation ; la production de l'avoine a été de 150.000 tonnes en 1907, de 85.000 en 1908; celle de IVge, de 180.000 en 1907 et de 110.000 en 1908.
La production du riz, évaluée à 6.500 tonnes, est également déficitaire, puisque en 1907, il a été nécessaire d'importer plus de 24.000 tonnes pour une valeur de 1 .600 conlos, soit le double de l'importation de 1898. Le riz arrive ainsi au cinquième rang des importations du Portugal, après le blé, le maïs, le sucre et la morue.
A l'heure actuelle, on évalue le produit brut total des 7 millions d'hectares qui constituent la superficie productive du Portugal à 200 milliards de reis, représentant l'activité dépensée par 1.406.054 travailleurs (recensement de 1900): soit une moyenne de 28.500 reis par hectare (au lieu de 77.000 en France) et de 142.000 reis par travailleur (cette moyenne est de 435. 600 dans notre pays).
Ce produit apparaît donc comme très faible, surtout si l'on songe que la majorité des produits agricoles sont d'un prix plus élevé au Portugal que dans les autres pays. Tandis qu'en France le travailleur dépensée peine 17 p. 100 du produit de son activité, il dépense plus de 35 j). 100 au Portugal. A égalité de jours de travail (250 environ par an), le salaire moyen s'élève en France à 1 fr. 50, alors qu'il ne dépasse guère 200 reis (1 fr. 15) au Portugal!
En résumé, on peut donc dire que les maux dont souffre Tagricullure portugaise sont multiples et de nature très diverse. Les uns tiennent au climat général du pays, qui, surtout dans le sud, est très élevé une grande partie de l'année, à la mau-
vaise distribution des pluies, n rcxlrcino sécheresse de l'air dans les régions intérieures, à l'insalubrité de ncwnbreux points du territoire. On pourrait y remédier, dans une certaine mesure, par des travaux d'assainissement, de reboisement et d'irrigation \ mais on ne doit guère espérer que le Portugal arrive jamais à suppléer à TinsufTisance de sa production en céréales, en culture horticole ou môme en cultures industrielles. La vigne est, à l'heure actuelle, la seule culture, pour laquelle ce pays présente une supériorité manifeste, et qui soit susceptible d'un certain développement ; mais la crise dont nous avons parlé montre qu'il existe des limites qu'il est bien difficile à cette production de franchir.
Par ailleurs, on peut espérer, en dehors des mesures prises pour corriger le climat et le régime hydrographique, qu'une meilleure adaptation des cultui'es aux différentes régions, qu'une exploitation plus scientifique, et aussi qu'une organisation agraire moins défectueuse, notamment en corrigeant la constitution des predios ou exploitations agricoles, et en facilitant l'emploi des capitaux dans l'agriculture, en particulier par la diffusion de crédit agricole, changeraient, dans une certaine mesure, l'aspect de l'agriculture portugaise.
La tâche qui incombe de ce fait aux pouvoirs publics est, sans doute, considérable.
Malheureusement, comme le leconnaissent tous ceux qui ont étudié le problème agricole au Portugal avec attention et impartialité, l'intervention de l'Etat, dans ce domaine, a été le plus souvent désastreuse ^. Elle n'a obéi à aucun plan
i. Certains auteurs évaluent à 200.000 hectares la superficie de terrains que l'irrigation pourrait ouvrir à l'agriculture. A l'heure actuelle, la grande irrigation n'existe, pour ainsi dire, pas au Portugal, car on peut à peine donner ce nom au.\ travaux particuliers réalisés dans les embouchures du Tage, du Zezere et du Nabâo. Les travaux de la commission nommée en 1884 n'ont abouti à aucun résultat pratique.
2. Voir notamment, d'Oliveira Bello, Situaçao economica do pais ; vanta-
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rationnel et bien conçu. Ce n'ont été, d'ordinaire, que mesures d'emprunt, qu'expédients, auxquels on a eu recours dans le seul but de complaire — selon l'expression de AI. José Relvas — à quelques « oligarchies politiques et ploutocratiques ».
C'est ainsi que le protectionnisme excessif — dont nous parlerons ailleurs — n'a eu pour résultat que de rendre plus difficile la division de la grande propriété, des « latifundia » de l'Alemtejo et n'a pas permis d'arriver à la culture intensive, qui résoudrait seule la crise des céréales. Alors que le Portugal, nous lavons vu, souffre d'un manque d'équilibre dans sa production — trop de vins et pas assez de céréales — la lei dos cereaes de 1889 (aggravée en 1899) a établi un contrôle très sévère et arbitraire à la fois sur les agriculteurs et sur les minotiers et limité même dans les grandes villes le nombre des boulangeries : on a réussi ainsi non pas à arrêter l'importation étrangère en augmentant la production nationale, mais simplement à hausser artificiellement le prL\ du pain sur le marché lusitanien de 45 à 50 p. 100 en moyenne.
Le tarif douanier de 1892 édicta, de la même façon, des droits exagérés sur les autres céréales et sur les légumes secs'. Pour ces derniers, qui constituent une des bases de l'alimentation des classes pauvres, le droit a été porté à 90 p. 100 ad valorem ! Le prix moyen, qui était, entre 1887 et 1895, de 400 à 500 reis les 14 litres, a monté depuis jusqu'à 900 et 1.000 reis. Cette hausse, outre qu'elle a renchéri le coût de la vie, a arrêté complètement l'expor-
gense inconvenientes do proleccionismo en que vivemos (thèse présentée au Congrès national de Lisbonne de 1909) ;
José Relvas. A Queslào economica porlugueza {coniérance faiie au Centre commercial de Porto le 3 mars 1910) ;
Léon Poinsard, Le Portuyal inconnu : Paysans, marins et mineurs{B\h\\Qthèque de la Science sociale. 1910).