Voir infra, p
M.\.HVAUD. — Portugal. g
lation des léo-umes portugais à destination du Brésil et de l'Afrique.
De manière générale, on peut dire que depuis 1887 l'importation de substances alimentaires d'ordre végétal au Portugal a augmenté dans de sensibles proportions, tandis que l'exportation — en dehors d'une situation transitoire et exceptionnelle, due en 1896 à la hausse de l'agio, qui monta à plus de 80 p. 100 — a suivi une courbe inverse ^
On peut donc conclure que la protection agricole n'a pas eu d'autres résultats que de renchérir les articles de première nécessité, d'augmenter la valeur des terres et d'aggraver le défaut d'équilibre de la balance commerciale du Portugal, puisque la production de ce pays n'arrive pas à suffire à l'alimentation de ses habitants.
Il nous faut encore insister sur quelques articles. C'est ainsi que le régime établi pour soutenir les prix de la viande de bœuf en faveur de l'élevage national n'est pas moins arbitraire et désastreux que celui édicté pour les céréales. Les communes ont la faculté de contrôler le débit des viandes, et au besoin d'en fixer le prix par un tarif officiel ; c'est en se basant sur cette faculté qu'on a voulu faire du marché de Lisbonne, le plus grand du royaume, le régulateur des prix de la viande. On a été ainsi amené à limiter le nombre des boucheries, on a confié l'approvisionnement de la capitale à un unique intermédiaire, on a créé des étaux municipaux, on a établi des droits d'octroi très élevés sur les viandes abattues. Quel a été le résultat de tout ce système? « Autrefois, les provinces du Nord, qui produisent les meilleurs bœufs, envoyaient
1. Moyenne annuelle des importations et des exportations de substances alimentaires végétales.
ImporUtioiis. Exporlalious.
De 1887 à 1895 0.990 conlos. 13.975 contos.
De 1895 a 1905 7.524 — . —
De 1895 à 1900 » — U-261 —
De 19oQ d 1905 » — 13.871 -
l'agriculture lis
à Lisbonne sept à huit mille de ces animaux par an. Aujourd'hui, le prix de la viande a été haussé artiticiellement, et en même temps l'élevage a été découragé ' » .
On pourrait trouver d'autres manifestations de cet esprit de monopole dans les avantages accordés par la loi aux sucres coloniaux, dans le tabac, etc. Mais l'exemple le plus curieux des fausses idées économiques, qui dominent encore aujourd'hui au Portugal, est sans doute celui des vins, dont nous avons déjà parlé.
« Il faut savoir, écrit M. Poinsard, à quel point le Portugal est dominé pour la bureaucratie et les influences politiques, pour comprendre la persistance dans ces pays d'idées et de procédés si profondément contraires à l'expérience acquise en matière économique, et aussi aux besoins de la société moderne... »
A vrai dire, nombre d'économistes et d'hommes d'Etat lusitaniens ont déjà exposé, à diverses reprises, de vastes programmes de restauration économique et financière. Il suffît de citer Marianno de Carvalho, animé d'un large esprit de réforme, Oliveira Martins, auteur d'un Projecto de fomento rural en 1887, Em3^gdio Navarro, qui s'est surtout occupé de l'enseignement agricole et industriel, d'autres encore. Tout récemment, un ministre de la monarchie, M. Luiz de Castro, présentait au Parlement une série de projets tendant à réformer la législation après une enquête sérieuse sur les forces économiques du pays, à créer un ministère autonome de l'agriculture, du commerce et de l'industrie, une caisse économique postale, un Institut de travail national sur le modèle de celui de Madrid, etc. '26 décembre 1908 — 14 mai 1909).
Malheureusement, il en a été de ces projets comme de tous ceux qui les avaient précédés.