‹ Le Portugal et ses coloniesChapitre 5 sur 194 · Loc .cil., II, p · texte numérisé non relu

Loc .cil., II, p

3. Le milreis au pair vaut 5 fr. 58; un couto signifie un million de reis

francs environ. Elle atteint aujourd'hui 450 millions de francs : chiffre énorme, si Ton songe que le Portugal ne compte guère plus de six millions d'habitants ! ^

Le montant de la dette publique totale de ce pays représente donc actuellement 750 francs environ par tète d'habitant, alors que la dette nominale de l'Espagne est un peu inférieure à 475 francs par habitant, que celle de l'Italie n'atteint pas 400 francs, que celle de l'Autriche-Hongrie est de 323 francs environ et celle de l'Empire russe de 156 francs seulement!

En même temps, les impôts n'ont cessé d'augmenter. L'incidence par tête d'habitant, qui était de 23 fr. 35 environ en 1882 — sans parler de la taxation locale — atteint aujourd'hui 48 fr. 75, dont 19 fr. 75 représentent les impôts directs et 29 francs les impôts indirects. Les tarifs ultra-protectionnistes de 1892 ont eu pour résultat — comme nous le verrons — d'élever sensiblement le coût de la vie, sans que les salaires aient augmenté dans la même proportion. A l'entrée des villes, les octrois frappent lourdement les produits de première nécessité ; à Lisbonne, ils atteignent le chiffre de 31 fr. 25 par habitant : il est vrai que 40 p. 100 de leur produit est absorbé par les frais de perception ! ^

Mais c'est le peuple des campagnes qui supporte le plus mal cette augmentation des charges publiques, et ceci explique que l'émigration soit si forte : de 1872 à 1900, près de 580.000 individus ont ainsi quitté la mère patrie, pour la plupart sans esprit de retour; dans la seule année 1903, le nombre des partants était de 21 .600 ; depuis 1904, la moyenne a atteint 35.000 émigrants par an : alors que le Portugal n'a pas trop cependant de tous ses enfants, pour mettre en valeur son territoire \

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