‹ Le Portugal et ses coloniesChapitre 6 sur 194 · UNE TENTATIVE DE RÉFORMES : LA DICTATURE DE JOÂO FRANCO · texte numérisé non relu

UNE TENTATIVE DE RÉFORMES : LA DICTATURE DE JOÂO FRANCO

I. Les débuts politiques de M. Joào Franco. — Son arrivée au pouvoir.

II. Premières réformes. — L'obstruction parlementaire et la dissolution des Chambres.

III. La dictature. — L'opposition de M. Alpoim. — La question des avances à la Couronne. — Les déclarations du roi (10 novembre 1907). — Complots et répression.

IV. Les décrets du 23 décembre. — La conjuration de janvier. — La tragédie du 1" février 1908.

A vrai dire, il eût été incroyable qu'une telle situation ne fît pas naître chez certains esprits, véritablement épris du bien public, le désir d'y porter remède. Deux moyens se présentaient : ou bien la monarchie devait recourir à la dictature pour réaliser, coûte que coûte et en dépit de toutes les oppositions, les réformes réclamées 'pai*le pays, ou bien il fallait faire table rase des institutions et, sur les ruines du régime déchu, en élever un nouveau, de toutes pièces.

Dans la dictature de M. Franco — qui se termina si tragiquement — et dans le mouvement républicain, qui vient de triompher, on peut donc voir l'expression, sous des formes différentes, d'une commune soif de réformes.

La fonction si délicate et si archa'ique, peut-on dire — si contraire à nos idées modernes — de « dictateur» nécessitait un

homme d'une énergie peu commune, animé d'un grand patriotisme, et placé par sa situation personnelle et sa réputation d'honnêteté et de désintéressement indiscutables au-dessus de toutes les coteries politiques et de toutes les attaques des partis. Cet homme, Finforluné Dom Carlos crut Tavoir trouvé dans la personne de JoAo Franco ^

M. Joâo Franco avait été chargé du portefeuille de Tintérieur dans le cabinet régénérateur Hintze Ribeiro, de 1894 à 1897. Mais, comme ce fut le cas aussi pour un autre polititicien, M. Alpoim, sa personnalité était trop forte et trop impérieuse, pour pouvoir s'accommoder d'un chef. En 1901, le futur « dictateur » se détacha de son parti, à la tête de 22 députés séduits par son inteUigente énergie. L'augmentation des charges publiques provoquait un vif mécontentement dans le pays, et les républicains, dont les forces s'étaient accrues à la suite de la révolution brésilienne, profitaient naturellement de la surexcitation des esprits. Les leaders des deux grands partis dynastiques oubliaient leur correction d'antan, pour se lancer à la face les plus terribles accusations et les pires injures. C'est le moment que choisit M. Franco pour constituer, en 1903, un troisième parli, intermédiaire :

Page 1