I. H. da Costa, oji. cit., \). 3b
De cette façon, le transport des voyageurs et aussi le service des lettres d'Europe à destination de l'Amérique du Sud peuvent gagner deux ou trois jours, et Lisbonne naturellement bénéficie la première de cette situation.
Mais Lisbonne ne limite pas à cela son ambition. Elle voudrait aussi devenir le port d'embarquement préféré par les voyageurs du Nord de l'Europe à destination de l'Afrique du Sud. Déjà en 1890 et 1891, les grands transatlantiques anglais des compagnies Union Line et Castle Mail, à destination du cap de Bonne-Espérance, faisaient escale à Lisbonne : il conviendrait de les y attirer de nouveau, en leur assurant une correspondance avec le Sud-express.
Bien plus, Lisbonne aspire à recevoir, à leur arrivée en Europe, les Nord-Américains, qui vont chercher le soleil sur la Riviera, à devenir l'escale nécessaire des lignes de la Méditerranée, notamment entre New-York et Gènes.
Les Portugais comptent bien, d'ailleurs, que les étrangers ne toucheraient pas à leur pays sans s'y arrêter, sans céder à la tentation d'y faire d'intéressantes excursions. Après l'exemple d'autres pays, ils entendent demander, à leur tour, à l'industrie du tourisme, d'importants bénéfices. Celle-ci n'existe encore au Portugal qu'à l'état embr3'onnaire.
Sans doute. Cintra, Bussaco, Bom Jésus do Monte, Batalha, Alcobaça, Coimbra, Mafra, les régions pittoresques du Minho sont de merveilleux centres d'excursion, et la douceur et la grâce de Monte-Estoril, à quelques kilomètres de Lisbonne, sont telles qu'on a parlé souvent d'en faire la rivale de notre Riviera et d'y établir un casino dans le genre de celui de Monte-Carlo.
La création de bons hôtels, à laquelle s'emploient, à l'heure
actuelle, diverses sociétés portugaises comme la « Propaganda de Portugal » (fondée en 1906) — aidera puissamment, sans doute, au développement du tourisme. Mais le Portugal doit surtout compter pour cela sur sa situation, qui en fait un lieu de transit pour les passagers des deux continents. Tous les efforts tendant à attirer la navigation internationale vers le port de Lisbonne ont pour lin dernière d'y contribuer toujours davantage '.
Avant de clore ce chapitre, il nous faut dire quelques mots de la navigation intérieure. 11 apparaît sans doute d'une grande utilité de mettre les ports du Portugal en communication avec l'intérieur du pays au moyen de canaux, étant donné que le transport par eau est toujours plus économique que par les voies de terre, routes ou chemins de fer. Ces canaux apparaissent en général d'une construction assez difficile. Le plus important réseau et nécessitant une dépense estimée à 3.G00 contos serait appelé à relier le Tage, le Mond ego et le Douro. 11 fit, en 1890, Fobjet d'une demande de concession pour quatre-vingt-quinze ans de la part d'un ingénieur typographe; l'entreprise, chargée de la construction et de l'exploitation, devait être la Companhia de Nave-
1. On le comprend si bien qu'à la suite du conj^r^s du Tourisme tenu à Lisbonne, au mois de mai dernier, le gouvernement portugais vient d'établir une ligne directe de vapeurs entre Lisbonne el New-Yurk. Cesl la Com|)agnie Cyprien Fabre de Marseille (jui, après adjudication, en a été chargée. Le service sera mensuel. Le gouvernement assure une subvention d'un cunio de rei.s, par escale ;> Lisbonne, pendant trois ans.
Cette ligne présente une importance réelle, non seulement pour le transit des voyageurs, mais aussi pour le commerce lusitanien aux Açores, qui sont en gi^m'-ral approvisionnées aujnurdhtii par les négociants allemands et américains (voir infra, p. lUtt).
gaçdo Interior Portugueza. Mais il ne fut pas donné suite à ce projet, probablement parce que la somme que nécessitait sa réalisation parut trop considérable.
Il est, au reste, évident que la navigation intérieure ne saurait jouer un grand rôle sur le commerce général du Portugal, qui attend, comme nous l'avons vu, tout son développement de la mer.
Quant au cabotage — qui profite, d'ailleurs, du privilège légal accordé au pavillon national — il présente un intérêt beaucoup plus considérable, en raison du développement des côtes et de l'importance des villes qui les avoisinent. Son importance serait naturellement accrue, si les v^oies de terre étaient plus développées. Il conviendrait aussi — mais cela exigerait de grands efforts de la part de l'initiative privée — que Ton remplaçât les barques à voiles presque exclusivement employées jusqu'ici par de petits vapeurs et que l'on donnât à ce service plus de régularité'.