Voir supra, p
2. Anthony J. Drexel Biddie, The Madeira hland (Philadelphie. 1896). Un Anglais, M. W. H. Kœbel, parait avoir beaucoup mieux approfondi la psychologie de la population de Funchal : « La ville, écrit-il, est complè- « tement anglicisée — au moins, à la surface, et la connaissance du por. « tugais n'est pas même nécessaire. Mais, à l'observation, on s'aperçoit « de bien des choses. Si les magasins se décorent de drapeaux britan- « niques, à l'arrivée d'un bateau anglais, en revanche les passagers alle- » mands sont salués, en débarquant, parles couleurs noir, blanc, rouge, 'I tandis qu'à l'arrivée d'un vapeur de la Cunard ou de la White Star, « bondé d'Américains, les rues se couvrent, comme par enchantement, « de la bannière rayée et étoilée... » {Loc. cit., p. 90.)
3. Les gouverneurs civils — bien qu'ils soient pris, d'ordinaire, en dehors de la politique, changent avec les ministères, et l'on sait si les cabinets se succèdent rapidement à Lisbonne ! La politique à Madère est le reflet de celle de la métropole ; elle est le domaine réservé de quelques individus. Les élections se font au milieu de l'indifférence générale — sur dix habitants, huit ne sachant pas lire !.. Les tarifs douaniers sont excessifs : ce n'est plus de la protection, c'est de o l'orgie fiscale ». Et il s'y ajoute des droits d'exportation, des ta.xes municipales, et une foule d'autres
Tout le bruit fait autour de cette « affaire des sanatoriums » montre simplement l'importance de plus en plus grande que présente Madère au regard des grandes puissances maritimes — à mesure surtout que leur rivalité devient plus ardente dans l'Afrique occidentale — et permet de comprendre les difficultés que rencontrera le Portugal à sauvegarder sa souveraineté, même nominale, dans cette île.