LA DICTATURE DE JOAO FRANCO
le parti régénérateur libéral. Son but était d'obtenir que le « système parlementaire s'exerçât en toute sincérité et ne cachât plus, sous un nom plein de promesses libérales, le jeu alternatif de la succession réglée et inévitable au pouvoir de deux partis plus préoccupés de se donner la chasse que de bien gouverner^ ». C'était donc un parti essentiellement réformateur. Son programme tenait dans ces formules : transformation et épuration des mœurs parlementaires, régime représentatif véritable, bonne administration de la chose publique.
M. Franco et ses amis restèrent quelque temps isolés. Les progressistes repoussèrent une première fois leur alliance ; enfin, sur une nouvelle tentative de M. Franco en avril 1906, leur chef, M. de Castro, — dans le but surtout de faire échec aux régénérateurs, — accepta de fonder avec les « régénérateurs libéraux » ce qu'on appela la concentration libérale., aux conditions suivantes : la réforme de la loi de comptabilité, le vote d'une loi sur la responsabilité ministérielle et d'une loi électorale nouvelle abolissant les grandes circonscriptions.
Le petit groupe des « régénérateurs libéraux » devenait, dès lors, un parti de gouvernement. Les circonstances facilitèrent bientôt son accession au pouvoir.
L'affaire des tabacs fut un des nombreux scandales qui précipitèrent la chute de la monarchie. En 1891, l'Etat s'était vu contraint, par suite du mauvais état de ses finances, de recourir à une Compagnie privée — en grande partie étrangère — à laquelle il concéda, en échange des ressources d'un emprunt de 200 millions de francs et de divers avantages, le monopole de la fabrication des tabacs dans le royaume. Cette concession ne devait expirer qu'en 1926, mais l'État s'était