Interview de M. Franco paru dans le Temps
Marvaud. — Portugal. 2
18 LE PORTUGAL POLlTItjUE. LA CHUTE DE LA MONARCHIE
réservé le droit de la résilier après une première période de seize années, à la seule condition de deux ans de préavis. Il usa de ce droit dès 1904. Le ministère régénérateur de M. Hintze Ribeiro, qui était aux affaires, se montrait assez disposé à renouveler le contrat, mais il se heurta dans les Chambres à une formidable opposition. Une autre compagnie privée, la Compagnie des allumettes, qui rêvait de déposséder la Compagnie des tabacs de son monopole, avait trouvé dans les progressistes ses porte-paroles, et dans les passions nationales surexcitées sa meilleure arme contre les « étrangers ». L'obstruction aux Cortès devint telle, que M. Ribeiro se vit obligé de les dissoudre. Malgré de nouvelles élections, en juin, qui lui donnèrent une imposante majorité, il préféra quitter le pouvoir, le 18 octobre.
M. de Castro, le chef désigné du parti progressiste, lui succéda. Il prononça à son tour la dissolution des Chambres, qui ne vécurent ainsi que quelques mois. Les élections eurent lieu en février 1905. Le gouvernement crut satisfaire l'opinion publique, en insérant, dans le contrat de renouvellement de la concession passé avec la Compagnie des tabacs, des clauses beaucoup plus favorables au Trésor. Mais il ne réussit qu'à augmenter l'agitation. Il fallut encore une fois renvoyer les Cortès : elles n'avaient guère siégé, en tout, depuis le mois d'avril 1905, plus de trois semaines : M. de Castro demanda à être investi de pouvoirs dictatoriaux; le roi s'y refusa et acce()ta sa démission.
M. Ribeiro revint au pouvoir (mars 190G) ; mais il se heurta aux mêmes difficultés que lors do son précédent ministère. La situation s'était même sensiblement aggravée. Aux nouvelles élections auxquelles il procéda — le jour même fixé par son prédécesseur — le nom d'un répubUcain, M. Bernardino Machado, sortit des urnes. Son arrivée à Lisbonne fut le |)rétexte de désordres violents aux alentours de la gare. La