‹ Le Portugal et ses coloniesChapitre 99 sur 194 · Le Banco Sucional Ultramarhio (voir in/'ra, p · texte numérisé non relu

Le Banco Sucional Ultramarhio (voir in/'ra, p

2. La Kmprezn Nacional de Naver/aido, (lui po.sst'-ik' 8 navires, faisant trois services par mois (voir in/'ra. p. 288).

apprécie, comme il convient, le rôle joué par le Banco Ultramarino et réclame pour Angola la liberté banquale, afin d'y permettre la création de banques de dépôt et de banques agricoles. M. Moreira Junior, de son côté, considère le protectionnisme exagéré comme la cause principale de la crise dont souffre Angola. Les tarifs de 1892 ont été établis en vue principalement de favoriser l'industrie textile au Portugal. Mais cette industrie, dit-il, faute de matière première et de combustible, et par suite dans l'obligation de faire venir la plupart de ses machines du dehors, lutte avec peine, en dépit des droits de douane élevés, contre ses rivaux étrangers à Angola, son principal débouché. « C'est à ce protectionnisme, continue le ministre, invariablement maintenu depuis 1892, qu'on attribue la concurrence faite, au nord d'Angola, par le commerce de l'Etat indépendant qui dispose de la très importante voie fluviale du Congo, de la voie ferrée de Matadi à Léopoldville et de diverses autres lignes de pénétration qui favorisent tant son activité aux dépens des maisons de commerce angoliennes, où font défaut les voies de communication entre la côte et l'intérieur et où la ligne de Loanda à Ambaca maintient des tarifs de transport si élevés... m

Pour être juste envers l'État portugais, il convient, cependant, de mentionner ses efforts pour développer l'agriculture à Angola et hâter la constructjon des voies ferrées dans la colonie.

Dans le premier ordre d'idées, on peut citer la création à Loanda d'une école professionnelle agricole, qui a des ramifications dans les districts subalternes, et la fondation, en différents points, de postes expérimentaux d'agriculture (1905). Nous avons déjà eu l'occasion de parler aussi do l'impulsion

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donnée à la culture du coton et des mesures adoptées en faveur de la fabrication du sucre de canne.

Sous le rapport des communications, si le réseau fluvial que possède Angola est appelé à rendre de grands services à l'intérieur, il n'en est plus de même quand on envisage les relations des régions de TEst avec le littoral. Aussi, la construction de routes et de voies ferrées de pénétration a-t-elle apparu comme nécessaire au développement de la colonie, en même temps qu'elles contribuent à sa défense militaire.

Le réseau ferré d'Angola doit comprendre quatre lignes principales, en exploitation, en construction ou seulement à l'état de projet : 1° la ligne de Loanda à Ambaca, construite de 1887 à 1894 et destinée à drainer les produits de celte région si fertile en café jusqu'au port de Loanda, dont le ti'afic ne cesse d'augmenter. Elle appartient à la Coinpanhia nacional de caniinhos de ferro atravez dWfrica. Cette ligne de 364 kilomètres est actuellement prolongée par les soins du gouvernement sur une longueur de 140 kilomètres au delà de Ambaca jusqu'à Malangé, qu'elle va atteindre incessamment.

2° Le chemin de fer de Benguella (Lobito au Katanga), concédé en 1902 à une compagnie anglaise, qui permettra de mettre en valeur les vastes régions de Ganda et de Baïxa Hanha, particulièrement propices aux cultures tropicales et notamment à la canne à sucre, est poussé avec une grande activité. Il est déjà ouvert au trafic sur 320 km., il doit être prolongé jusqu'à la frontière au Bihé et être relié à la ligne du Mozambique. Ce grand transcontinental, qui unira ainsi Lobito à Beïra, est appelé, s'il est mené à bonne fin, à avoir une influence considérable sur la richesse coloniale du Portugal.

3° La ligne de Mossamédès aux hauts plateaux de la Chella, décidée par une loi de 1905, est également en construction. Elle est achevée actuellement sur un parcours de

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125 kilomètres et doit avoir un parcours total de 215 kilomètres. Elle est construite et exploitée par l'administration.

i" Enfin, au Sud de la province, la Compagnie de Mossamédès projette la construction d'un chemin de fer qui, partant de Bahia dos Tigres ou de Porto-Alexandre, se dirigera vers Humbe et de là atteindra éventuellement la frontière Est ou Sud d'Angola \

1. Ce droit est stipulé dans sa concession. Ce chemin de fer. comme celui de Lobito, est destiné à relier la côte portugaise à la grande artère africaine du Cap au Caire. Après un premier refus du gouvernement portugais, la Compagnie a été autorisée, le 14 août 1899, à conclure un contrat à cet effet avec la Railway Works Company, de Londres. A la suite du voyage de Cecil Rhodes à Berlin, il a été décidé (par une convention signée le 28 octobre 1899 entre le gouvernement allemand et la British South Africa Company) que la ligne de la baie des Tigres passera par les gisements de cuivre d'Otavi : de là, elle traversera tout le Sud-Ouest africain pour rejoindre le réseau du Transvaal. Cette grande entreprise profitera évidemment plus à l'Allemagne et à l'Angleterre qu'au Portugal, mais elle fera peut-être de Bahia dos Tigres un grand port de transit, comme Lourenço-Marquès sur la côte orientale.

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