LA DUCHESSE CABRANTES II
Puisque le souvenir de nos grandes batailles
Ne brûle pas en eux comme un sacré flambeau,
Puisqu ils n'ont pas de cœur, puisqu ils n'ont pas d'entrailles.
Puisqu'ils t'ont refusé la pierre d'un tombeau,
C'est à nous de chanter un chant expiatoire,
C'est à nous de t'ofïrir notre deuil à genoux, *
C'est à nous, c'est à nous de prendre ta mémoire
Et de l'ensevelir dans un vers triste et doux.
C'est à nous, cette fois, de garder, de défendre La mort contre l'oubli, son pâle compagnon, C'est à nous d'elfeuiller des roses sur ta cendre, C'est à nous de jeter des larmes sur ton nom.
Bien des illustres n'ont pas pareille pierre tombale!
Albert Savine.