‹ Le Portugal inconnuChapitre 12 sur 68 · INDICATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

INDICATIONS GÉNÉRALES

en grande partie disparu. Beaucoup de jeunes gens sont allés chercher à l'étranger l'instruction pratique dont ils avaient besoin. L'enseignement des écoles spéciales a du reste été amélioré dans une mesure déjà sensible. Les entrepreneurs et les capitalistes du dehors, attirés soit par des circonstances spéciales1, soit par la protection douanière, ont fondé, développé ou soutenu des usines plus ou moins importantes. C'est ainsi qu'une grande industrie mécanique a réussi à conquérir dans le pays une place encore restreinte, mais déjà appréciable. On estime à 80.000 à peu près le nombre des individus qu'elle emploie, et à 50.000 chevaux la force motrice quelle met en action dans ses ateliers. C'est peu pour un pays qui ne manque ni de matières premières, ni de main-d'œuvre, et qui, en outre, dispose d'un merveilleux réservoir de force constitué par son système de montagnes, qui condense les eaux, les canalise et les échelonne en chutes successives. Depuis bien longtemps, les Portugais emploient les chutes d'eau comme moteurs, mais sur une bien petite échelle en comparaison de ce que la nature leur offre. Ils déplorent la pauvreté de leur sol en charbon minéral, et ils ont raison. Mais pourquoi laissent-ils couler librement vers la mer tant de torrents et de rivières qui pourraient à bon compte les éclairer, mouvoir leurs usines et leurs chemins de fer, et arroser leurs champs par-dessus le marché? La chose paraîtrait invraisemblable, si elle ne s'expliquait par les circonstances compliquées exposées dans notre première partie.

Il faut dire aussi que la grande industrie est contenue dans son développement par l'insuffisance de sa clientèle la plus immédiate. La nation portugaise est petite, et en outre elle est pauvre; nos observations sur la classe rurale, de beaucoup la plus nombreuse, l'ont assez démontré. Nous savons de quelle façon sommaire le paysan se meuble et s'habille. L'ouvrier vit dans les mômes conditions. Et si la classe moyenne recherche naturellement davantage le confort et l'élégance, il n'en est pas moins certain que son mode d'existence est en général d'une

1. V. plus haut ce que nous disons de l'industrie des conserves de poissons.

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