II. L INDUSTRIE TEXTILE A LISBONNE ET A PORTO
L'industrie textile s'est développée à Lisbonne assez récemment, principalement sous l'influence des mesures artificielles prises pour favoriser l'extension du travail mécanique. Lisbonne est d'ailleurs admirablement placée pour devenir un grand centre industriel, car la concentration des ouvriers, des matières premières et des denrées alimentaires y est très facile. En revanche, on y manque de capitaux et il faut importer à peu près tous les engins et outils dont on a besoin pour installer les usines. Ce sont là des difficultés sérieuses, mais non pas insurmontables, puisqu'un certain nombre de fabriques ont été montées et travaillent avec activité. Le plus difficile est de trouver les hommes capables d'écarter les difficultés en profitant des avantages de la situation.
L'ouvrier étudié dans ce précis se nomme Antonio d'Almeida Marcello *. Né à Rio Torto, concelho de Gouveia, où son père était ouvrier rural, il a aujourd'hui 35 ans. Sa femme, Maria Thomazia, âgée aussi de 35 ans, fille également d'un journalier, est originaire du même village. Ils ont émigré vers la grande ville dans l'espoir d'y trouver de meilleurs salaires.
Les époux Marcello ont trois enfants : Adélaïde, 12 ans; José, 10 ans; Antonio, 2 ans. Ce dernier est actuellement en nourrice à la campagne. Une cousine, Adélaïde Martins Passas, âgée de 34 ans, habite avec la famille moyennant un petit loyer mensuel ; elle prend en outre sa part des travaux du ménage, lorsque ses occupations le lui permettent. L'ouvrier et sa