LES VOIES TERRESTRES
les plus riches du pays, commence à pénétrer les contrées les plus isolées, et se relie dans toutes les directions aux lignes espagnoles. Il est divisé en deux parties principales : celle qui est administrée par la Compagnie royale, et celle qui est régie par l'État; le surplus, exploité par de petites compagnies, est peu de chose. D'une façon générale, la gestion est bonne et régulière, niais dominée par une tendance qui ne répond pas à la nature des choses. Déjà, l'insuffisance du trafic tend à maintenir les tarifs à un niveau assez élevé. En outre, d'autres circonstances agissent encore dans le même sens. Les capitaux étrangers engagés dans cette entreprise réclament de hauts dividendes; de son côté, l'État, toujours besoigneux, 's'efforce de tirer des chemins de fer le plus d'argent possible, soit pour enrichir le budget des recettes, soit pour fournir une garantie d'intérêt aux constructions neuves. Tout le système reste ainsi en dehors de la règle générale posée plus haut; il se meut dans un cercle vicieux, où personne ne trouve vraiment son avantage, car, si les capitalistes sentent leurs intérêts toujours plus ou moins menacés, le public, de son côté, paie les transports trop cher.
Le personnel des chemins de fer est assez nombreux. Aucune autre industrie portugaise n'emploie sous une forme aussi concentrée une telle foule de salariés. Il en est peu qui patronnent aussi largement le personnel, au moins pour ce qui concerne les grands réseaux. Des caisses de secours et de retraites ont été établies; elles sont alimentées par des retenues sur les traitements, auxquels s'ajoutent des subventions fournies par l'exploitation. Mais l'échelle des salaires est plutôt faible, et les petits employés se trouvent sensiblement dans la condition ordinaire de l'ouvrier en Portugal, c'est-à-diro qu'ils ont de la peine à vivre.
Nous pouvons résumer cette rapide esquisse en quelques formules indiquant les répercussions principales de la situation.
La lenteur du développement de la production a fait celle de la construction des voies ferrées.
La nécessité de tirer du dehors tout le matériel employé a
contribué également à retarder l'extension des chemins de fer, car celle-ci n'était appuyée directement sur aucune industrie nationale.
Le recours aux capitaux et au personnel étrangers, en accroissant les charges, a dénaturé dans une certaine mesure le rôle des chemins de fer en renchérissant le prix du transport.
L'intervention de l'Etat a contribuée accélérer la construction, mais celle-ci a été entravée, d'un autre côté, parles charges fiscales imposées aux compagnies. D'ailleurs, l'État agit directement pour maintenir les tarifs à un niveau assez élevé, afin de se procurer les ressources nécessaires pour étendre son réseau. Or, il n'est pas normal que le trafic subventionne la construction, car alors celle-ci se fait aux dépens des transports actuels, qui sont surchargés au profit de l'avenir.
Enfin, les chemins de fer ont à souffrir d'une façon générale de l'insuffisance des routes et chemins, des ports, de la médiocre organisation du travail, qui entraine l'insuffisance de la production, enfin des agitations politiques, qui troublent la vie économique par une foule d'interventions injustifiées.
Les spécialités commerciales, leur raison d'être et leurs effets. — Commerce intérieur. — Commerce d'importation. — Commerce d'exportation. — Protection ou libre-échange. — Le tarif douanier et les traités de commerce. — La Banque et les capitaux. — La circulation monétaire et le crédit.