‹ Le positivisme au tribunal de la scienceChapitre 18 sur 20 · DES DEUX IDÉES DE DROIT ET DE DEVOIR · texte numérisé non relu

DES DEUX IDÉES DE DROIT ET DE DEVOIR

Plus d*uii lecteur sera , sans doute , étonné que nous fassions passer l'idée de droit avant l'idée de devoir, que nous en fassions la première de nos idées morales. Ce point de doctrine demande explication. Il est des actions qui , de leur nature, sont irréprochables, irrépréhensibles , parce qu'elles sont inoffensives, innocentes, droites et licites par conséquent. Dès-lors , celui qui les fait est dans son droit en les faisant , et de ce droit dérive pour tous les hommes le devoir de le laisser accomplir ces actions sans y apporterai trouble, ni obstacle. Si donc il n'existait aucune espèce d'actions irrépréhensibles de leur nature, où serait le devoir, l'obligation de n'apporter aucune entrave à leur accomplissement?

Au nombre de ces actions droites de leur nature , il faut ranger en première ligne l'action de travailler pour pourvoir à ses besoins ; l'action de recueillir les fruits de son travail , de les échanger, de les donner, de les vendre; et, de là, autant de droits qu'on appelle les droits naturels, et qui deviennent les droits civils dès que la société se charge d'en garantir l'exercice. Parmi ces droits figure , comme l'un des

plus essentiels, celui de la défense personnelle qui consiste à repousser une aggression injuste. Quelques-uns veulent faire de ce droit le premier de nos droits. C'est une erreur. Avant d'avoir le droit de se défendre, il faut s'ap;)arlonir, il faut avoir le droit de la propriété personnelle; car si Ton ne s'-appartienl pas, où sera le droit de se défendre? Et si Ton demande sur quoi repose le droit de la propriété personnelle , il faut répondre : Sur ce grand attribut inhérent à la nature humaine, qui fait de chacun de nous un agent libre, une cause initiante et efficiente de ses actes, de ses œuvres , et, par suite, un être pleinement propriétaire de sa personne, de ses facultés, de son travail et des produits de son travail ; à la source de tous les droits se trouve donc la liberté ou l'activité libre, d'où il suit que le matérialisme, ou ce qui est 1 même chose, le positivisme qui nie, qui exclut la liberté , exclut par cela même toute espèce de droits pour aboutir à la servitude absolue.

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