SYNTHESE ET ANALYSE
: Aller! de Tensemble au détail, c'est-à-dire de la synthèse âTanalyse, comme le demande Comte, c'eslsans doute faire usage d'une méthode philosophique. Reste à savoir si elle est bonne ou mauvaise pour l'avancement des sciences. D'après l'état ancien des choses, tel qu'il est indiqué pour la chimie, il est évident que l'analyse antérieure était encore tout à fait insuffisante et que Comte aurait pu rendre des services en faisant précéder sa philosophie chimique par une étude expérimentale ou analytique approfondie. Au lieu de cela, il s*est contenté de développer une philosophie quelconque. Mais ce qu'il n'a point fait d'autres l'ont fait, et de là le merveilleux développement scientifique de la physique, de la chimie, de la biologie nor* maie et pathologique qui répond à la dernière moitié du x;ix® siècle. Les savants tels que Pasteur, Cl. Bernard, Berthelot, Ch. Bouchard ont e^cpérimenté sur la nature parce qu'ils savaient bJçn que les sciences expérimentales sont, comme ledit CI. Bernard, des sciences ,^a;^//ca//W5. Sup'-
(1) Cl. ^^tn^vày Bévue des Deux- Mondes y \B^9, p. 875,
posez que la philosophie positive eût pénétré profondément dans leurs esprits et alors un effet absolument contraire eût été obtenu. Les sciences naturelles fussent devenues purement contemplatwes de la nature, suivant la règle formulée par le grand Maître : chercher exclusivement les rapports des choses, renoncer à les expliquer.
Nous sommes en présence d'une situation singulièrement grave, quand on prend la question dans son ensemble. Nous connaissons Tétat présent des choses, les merveilleux progrès obtenus dans la donnée d'une certaine méthode expérimentale ou explicative suivie par tous les hommes de science. Si Comte avait exercé sur la science l'influence que d'aucuns lui ont attribuée, elle eût été désastreuse. Il avait commis une erreur fondamentale de jugement, en ne voyant point que la science expérimentale était la science des découvertes et, par conséquent, du progrès.