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(1) Saint-Simon d'après Alengry, op, cit,, p. 448, 449, 450.
d'hui rastronomie, la chimie, la physiologie et la psychologie sont basées sur des faits observés* Ainsi elles sont positives, ainsi la masse entière* de la connaissance humaine est devenue positive, car il n'y a point de phénomène qui ne soit astronomique, chimique ou psychologique. Le tout (la philosophie) et les parties ont dû avoir le caractère conjectural; ensuite le tout et les parties ont dû avoir le caractère mi-conjectural et positif..... enfin le tout et les parties doivent acquérir autant que possible le caractère positif. Gomme la philosophie est le tout dont les sciences sont les parties, on en est au point que le premier bon résumé des sciences particulières constituera la philosophie positive. Telle est la loi des trois époques, qui se sont succédé nécessairement, et qui sont caractérisées par Tidôlatrie des choses visibles (le fétichisme de Comte), puis viennent le polythéisme, puis le déisme, et enfin viendra la loi dé Tattraction universelle. Ailleurs Saint-Simon appellera la première époque : théologique, religieuse, et la seconde époque : métaphysique (1). A Tappui de
(1) Comte, qui n'y regardait pas de si près, s'est audacieusement attribué la loi des trois états due peut-être au D^ Burdin, ami de Saint-Simou, mais il n'y a peut-être là qu'une simple fiction. Charlemagne et d'autres, à son dire, ne lui ont-ils pas adressé la parole ? Quoi qu'il en soit, il n'en est pas moins vrai que la classification hiérarchique des sciences et la loi des trois états attribuées à Comte ne peuvent être que des erreurs volontaires de la part de ce dernier. Le maître a été dépouillé par son élève de ce qui lui appartenait légilimeraeut.
la division de rhisloire en époques, Saint-Simon aurait pu citer Texennple de Turgot.
Les sociétés ont été militaires avant d'être industrielles, car il n'y a que deux formes sociales possibles : les sociétés militaires qui ont pour but le vol, les sociétés industrielles qui ont pour but la production. Les métaphysiciens ont d'ailleurs aidé l'esprit à passer de la théologie à la science, et les juristes ont permis aux hommes de passer du militarisme à l'industrialisme.
La Révolution française a été le dernier terme d'une longue évolution. Elle aurait dû arracher le pouvoir spirituel aux prêtres pour le donner aux savants, et le pouvoir temporel aux nobles et aux militaires pour le donner au tiers Etat, aux communes, aux travailleurs, c'est-à-dire aux industriels. Mais la Révolution a avorté parce que les métaphysiciens et les juristes ont prolongé, au delà du terme nécessaire, leur action préparatoire et dissolvante. Si donc l'on veut achever la Révolution, et faire régner Tordre dans les sociétés, il faut prendre conscience du mouvement historique, rejeter à la fois prêtres et métaphysiciens, nobles et juristes, et accueillir les communes, c*est-àdire les savants, les industriels, le tiers Etat.
Saint-Simon est particulièrement hostile aux juristes. Pour lui, ce sont des démolisseurs^ des révolutionnaires, des esprits critiques, c'est-à-dire des métaphysiciens, et ils se donnent pour des constructeurs, et ils passent leur temps à légiférer,
tandis qu'il faudrait organiser la société sur des bases industrielles. De plus, la théorie dés. droite de rhoaime, qui a été la base de toué leurs tra-r vaux, en politique générale, n'est autre chose qu'une application de la haute métaphysique a la haute jurisprudence (1).;
Au point de vue économique, au point dé vue dé la morale etde la religion, lés différences entre Saint-Simon et Gomttî deviennent assez. tranchées; pour que je n'exposé point sûr ces divers chefs les idées du premier. Souà tous leis autres rapports, à rexcôption de la loi universelle de la gravitation, c'est essentiellement la pensée du maître qui trouve un écho des plus exacts, des plus fidèles dans lé système de Télève, chose' bien iisiturelle, d'ailleurs, quand on sait par le propre témoignage de celuirci que c'est Saint-Simon qui lui â révélé sa vocation de sociologiste, C'est ainsi que du père au fils la ressemblance frise le plus souvent l'identité.
Au lieu de parler spécialement de Comte, je"| viens de m'attacher à parler de Saint-Simon, dans cette préface, empruntant ce que j'en ai dit à deux des meilleures études qui ont été faites sur le prétendu fondateur du positivisme et de la sociologie. Je vise, en parlant ainsi, les deux ouvrages de 6. Dumas et de Frank Alengry, Quiconque ne connaît A^ Comte qu'à titre de fondateur du
(1) Sainl-Simoii cité par'Aleagry, op, cit., p. 457, 458, 459. DupuY 2
poditivisniè, Mrâit bien surpri» de renconlKcr ici Saini-Simani pWtoiït où il s'altefvdraît à trouver le faotn de Comte. Ce sont presque toujours les Afèmes idées <}t¥e le ïiofuveau venu s'est appropriées, led forgeant à $a manière, et en faisant ic^ marchepied du trône spirituel qu'il prétend occuper de haute lutte.
Je suis loin d'ailleurs de contester ronginalHé de Comte, car il a inventé une politique qui se transforme en religion et celle-ci incline de plus en plus vers te fétichisme qui est, à la fois, pour ce grand philosophe, le point de départ et l'un des points d'arrivée de l'évolution humaine, c'està-dire de la sienne propre.
Avant d'en arriver au nouveau christianisme, Saint-Simon faisait probablement peu de cas du déisme,^ et se contentait de la morale de l'intérêt pour la pratique courante de la vie. Plus tard, il en ' vint à emprunter le sentiment de la charité au christianisme lui-même. Alors le Dieu tradition^* nel reprit sa place légitime, et la gravitation universelle perdit la sienne. Il y eut donc de la part du père du positivisme, suivant l'expression si juste de M. Dumas, un véritable retour à la religion. Comte a suivi une évolution analogue. Prenant son iK>întde départ dans la science, it a voulu faiire régir le cosmos et l'homme par les mêmes lois objectives, ce qui était aussi l'idée première ikf fofidateur du positivisfne. Mais arrivé à l'homme, il fallut battre en retraite et reconnaître
i»R monde subjeckif à côté du molkl^ bb^eçUI; TélèYe n'en resta point là. Après avoir admici Vexistence de deux méthodes, dont Tune prôpve au genre humain, Comte, grâce à Ciotilde^ praeiama l'amour principe universel^ et par consé^ quent fît pénétrer Tamour dans toutes les sciences. Puis toujours grâce à Clottlde qu'il adorait,, il fit de rhumanité, dont Clotilde était le meilleur symbole, une véritable déesse, source et objet d'une religion nouvelle. Celle-ci devait se i^pprocher le plus possible, comme organisation et comme esprit, du culte du moyen âge. Saint-Simon avait échoué dans le nouveau christianisme, et Comte alla se perdre dans le néo catholicisme, en faisan! d'abord un même tout de la religion et de la science, les lois de celle-ci servant de dogmatique à cellcr-là. C'est ainsi que la religion positive fut une religion démontrée.
La catastrophe pour la science, nous le verrons plus tard, dépassa toute mesure imaginable*