CHAPITRE III LE POSITIVISME ORTHODOXE A L'ÉTRANGER
! i. LE GROUPE ANGLAIS AVEC HARRISON POUR CHEF.
; Par son importance au point de vue intellec- I tuel et politique, le groupe anglais ne se contentei pas de rivaliser avec le groupe français : il l'emj porte encore sur lui à plus d'un égard. Dans ce i chapitre, comme dans le précédent, nous parlei rons d'abord des principaux représentants du groupe, puis de son action.
(a). Principaux représentants du groupe
anglais.
i 64. — Richard Congreve (né en 1818), — ancien ministre anglican, fut le premier représentant déclaré du positivisme en Angleterre. Du vivant même d'Aug. Comte il passa à la religion de THumanité et il remplit, dès lors, les fonctions de prêtre pour le club positiviste de ChapeJ- Street, à Londres. C'est un de ces fervents qui donnent la première place au culte positiviste —
I sans en exclure le culte public : aussi, par suite
I de son zèle, se brouilla-t-il, à Londres, avec ses-
156 LE POSITIVISME DANS LES ÉCOLES ISSUES d'à, COMTE
collègues plus réservés et, plus lard, avec Laffitte lui-même qui, dans ses premières Circulaires, lui avait décerné les plus grands éloges. En 1878, la rupture devint complète. Un moment, les positivistes français qui partageaient ses sentiments (Àudiffrent, etc.), songèrent à provoquer l'abdication de Laffitte pour appeler Congreve à Paris et lui confier la succession du second grand prêtre de l'Humanité*. Le signal de la séparation fut ilonné par une Circulaire de Congreve, datée du 17 juin 1878, et écrite en anglais et en français. Plus tard, Congreve chercha à se rapprocher de ses collègues de Londres et de Laffitte^.
65. — Frédéric Harrison (né le 18 octobre 1831) — est sans contredit le représentant le plus éminent de l'école anglaise. Encore étudiant, il avait connu Aug. Comte personnellement. Il déclare souvent qu'il ne suit point son maître en toutes choses et qu'il ne veut pas que l'on juge de son orthodoxie, pas plus qu'il ne prétend s'ériger en juge dautrui. Il regarde, sans doute, la religion (scientifique, philosophique et sociale) comme un dogme essentiel du système positiviste^; mais il la fait consister exclusivement dans la Morale, qui a pour base l'abnégation sociale et une saine philosophie. Il se fait l'apologiste uniquement de '( ce culte de l'Humanité qui est déjà réellement
1. Audififrent, Circulaire, p 14. Voir aussi la 3/« Circulaire de Laffitte (1879), pp. b et suiv.
2. \oiv Hevue Occidentale, \SS9, ï, 433. Lemos, VApostolal positiviste au Brésil, Rio-de-Janeiro, 1889, p. 33.