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22 LE POSITIVISME DANS LES ÉCOLES ISSUES d'a. COMTE
volume. Les sept premiers volumes ont paru chez Baillière ; les vingt quatre autres (^8-31) au bureau de la revue (rue de Seine, d6]. De septembre 1870 à septembre 1871, la publication a été interrompue par la guerre.
En outre, Littré fut chargé par Mme Comte de publier la seconde édition du Cours de philosophie positive : il y a joint une longue préface où il expose ses propres idées. Cette préface a paru, avec les deux premières Leçons du CourSy en un volume à part, sous ce titre : Principes de philosophie pjositice 1I868). — Enfin, pour compléter cette énumération des écrits philosophiques de Littré, nommons les Fragments de philosophie jmsitive (1876) et La science au point de vue jjhilosophique.
(5). Caractère général du positivisme de Littré.
7. — Tournure d'esprit de Littré. — On ne saurait mieux caractériser la tournure d'esprit de Littré, même. dans les questions philosophiques^ qu'en disant qu'il était avant tout un « philologue ». Comme philosophe, il manquait de profondeur et d'originalité, de largeur dans les vues. Il n'avait pas ce coup d œil du génie qui distingue le vrai philosophe, et qui lui découvre les rapports secrets des choses pour lui révéler une unité plus haute dans le chaos des phénomènes et des apparences. Vers la fin de sa vie, il avouait lui même avoir profondément senti le défaut de
son esprit, « qui consistait essentiellement à ne rien deviner, à ne rien savoir par intuition et, pour ainsi dire d'avance, et à être contraint de tout apprendre par expériences chèrement achetées et par tentatives redoublées... » « à l'aide des tâtonnements qui se cherchaient et se rectifiaient » *. Il dit ailleurs : « Mon esprit n'était pas de ceux qui s'éclairent soudainement devant l'imprévu des circonstances ; personne n'était plus désarmé que moi devant les difficultés subites, si le temps ne m'était pas donné de les étudier et de m'y préparer » ^.
Par contre, Littré semblait fait pour ces recherches de détails que demandent les études linguistiques et les travaux d'histoire littéraire. Aussi, malgré sa profession de médecin, malgré le prix qu'il attachait à la diffusion du positivisme, regardant cette mission comme la plus importante qui fut jamais, il revenait toujours à ce genre de recherches. Il ne s'intéressait réellement qu'à ces études. Ses travaux les plus remarquables en médecine, sa traduction et son commentaire d'Hippocrate, ont de la valeur surtout au point de vue de l'histoire littéraire.
Ce qui montre combien le philologue et le lexicographe l'emportaient en lui sur le philosophe, c'est la manière dont il composa son principal ouvrage de philosophie, Auguste Comte et