III. LE P0SITIVIS3IE ORTHODOXE A l'ÉTRANGER
lisme et à ne tirer aucun profit pécuniaire de leurs écrits publics; 4° à signer de leur nom, en y ajoutant les indications nécessaires *, toutes leurs publications quelconques, dont ils devront assumer l'entière responsabilité morale et légale^ — Base matérielle. L'existence matérielle de « l'Apostolat positiviste » repose sur le libre concours de tous ses membres et de tous ceux qui,, quoique n'adhérant pas entièrement à nos doctrines croient, cependant, devoir aider nos efforts régénérateurs. — Il n'y a pas de somme préfixée pour ce concours, chacun pouvant y prendre part dans la mesure de ses désirs et de ses forces ».
84. — Rapports de Lemos avec Laffitte et le& anglais. — Dans ses Circulaires de 1882 et 1883, Laffitte ne peut assez louer l'activité de Miguel Lemos. Mais, plus tard, les deux amis se brouillèrent. Lemos se sépara publiquement de Laffitte, sous prétexte que, suivant l'oracle d'Aug. Comte, il vaut mieux n'avoir pas de chef que d'avoir un chef incapable. Il fit donc cause commune avec le D"" Audiffrent, Jorge Lagarrigue et Congreve. Naturellement Laffitte changea de langage en parlant de Lemos : il l'accusa d'orgueil et de légèreté. L'accusé riposta avec vivacité. Laffitte,. dit-il, a abusé de la confiance qu'on lui a témoi-
1. « Il faut d'abord supprimer toute entrave aux communications écrites, en réduisant la police de la presse,. même affichée, à Tobligation de tout signer, complétée par l'exacte indication du domicile de chaque auteur, avecla date et le lieu de sa naissance » (Auguste Comte : Système de politique positive, iv, 382).
202 LE POSITIVISME DANS LES ÉCOLES ISSUES u'a. COMTE
gnéo : c'est un sophiste, un imposteur, un esprit impuissant; il a feint de s'attacher à la doctrine de Comte, et il en a, en réalité, sacrifié successivement tous les principes, afin de ne pas froisser ceux qui sont au pouvoir et de complaire aux positivistes anglais, dont il reçoit le plus d'argent*. Il éconduit aussi les Anglais, parce que Tun d'eux avait eu « l'audace de dire qu'il ne fallait pas considérer les ouvrages d'Auguste €omte comme une sorte de bible ». « En vérité », écrit Lemos, « nous ne nous attendions pas à une pareille incartade I Voyez-vous les cerveaux protestants à peine débarbouillés de leur individualisme et de leur biblisme, vouloir nous faire la leçon, à nous les descendants de l'une des nations les plus profondément catholiques ^ ».
85. — Activité du groupe. — Depuis 1882, Lemos publie un rapport annuel sur l'action de « l'Apostolat positiviste au Brésil ». Il en ressort que le groupe brésilien déploie une grande activité. Il s'est intéressé surtout à l'abolition de l'esclavage. Son zèle pour la célébration des fêtes positivistes est plus ardent encore que celui des autres groupes. Les positivistes brésiliens ont institué une fête particulière en l'honneur de Clotilde de Vaux : ils l'ont fixée au o avriP.
En janvier 1892, on a commencé des Cours d'enseignement positiviste systématique. Ces
1. M. Lemos, Le positivisme et le sophiste P. Laffitte (Rio, 1880).