Auguste Comte et le positivisme ; éd. franc., p
coup le premier des philosophes contemporains en Angleterre ; peut-être le comparera-t-on aux plus grands philosophes qui aient jamais vécu » *. Lewes écrit à son tour : « Ce dernier écrivain (Spencer) gagne chaque jour en influence... Jamais peut-être nous n'avons eu un penseur doué d'un plus grand génie »^. Th. Ribot salue dans Spencer un esprit créateur et génial^. Sicîliani le nomme tout simplement « le philosophe des deux mondes »* etc., etc..
Spencer doit ce succès éphémère et presque sans exemple à une circonstance particulière : il a su s'accommoder à la mode qui règne aujourd'hui dans les sciences, et il a fait de la doctrine de révolution l'alpha et l'oméga de sa philosophie.
Il divise toutes les réalités en « connaissable » et « inconnaissable » (knowable and unknowable). Les phénomènes constituent le connaissable ; tout le reste, c'est l'inconnaissable. Il voit dans ce dernier la «. réalité absolue » entièrement insaisissable, « l'énergie infinie » qui « se manifeste dans les phénomènes » et « dont tout procède ». Grâce à cet «inconnaissable », il croit donner une satisfaction suffisante aux légitimes
1. « I suspect that hereafter he will be looked ai as by for the greatest living philosopher in England ; perhaps equal to aay that hâve lived ». [The life and lelters of Ch. Darwin. (London, 1888 ; m, p. 120).