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création visible comme ayant un commencement ou une fin déterminée, ou comme formant un tout particulier. H faut la prendre dans sa dépendance du passé et de l'avenir, et la force, qui se révèle dans l'univers, appartient à la même catégorie que l'espace et le temps, puisque la pensée ne peut lui assigner de limites » i. « L'histoire complète et parfaite d'une chose doit la saisir dans son origine hors de l'imperceptible (homogène primitif parfait) et dans son retour à Timperceptible i)2. Cette loi d'évolution s'applique à toutes les catégories des êtres, au système solaire et à notre globe, comme à la biologie^ à la psychologie, à la sociologie (et à la morale) 3.
104. - Biologie. — Spencer a écrit sa biologie avec l'aide de Huxley et de Hooker. Les chapitres les plus caractéristiques sont ceux sur « l'hypothèse de la création des espèces » et sur o l'hypothèse de l'évolution ». L'hypothèse de la création 4, dit Spencer, apparaitdéjà comme de peu de valeur par son origine même : elle est née à une époque de ténèbres, où le niveau de l'évolution intellectuelle était fort bas 5. Elle manque de toute base expérimentale, puisque personne n'a jamais vu la création d'une espèce. Elle est absurde, puisque sa notion suppose « l'établissemeut d'une relation entre le néant et l'être, c'est-à-dire une relation impossible » G. Elle est contraire à la dignité de Dieu, parce que ces millions de manifestations de la toute-puissance, existant sans qu'il y ait parmi elles une créature intelligente pour les voir, et l'emploi de la puissance créatrice produisant tant d'espèces d'une valeur au moins douteuse (parasites) etc., se concilient mal avec une juste notion de Dieu'.