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■ses à leur respect. Les sortilèges et la « théorie des esprits 9, dont il a été question plus haut, ont confirmé aux yeux des sauvages la puissance que ces chefs tenaient de leurs qualités physiques et de leur race,' et ont grandement contribué à faire croire à leur « origine divine » 1. — Les lois sont, de leur nature, de simples sentences ou de simples maximes des ancêtres. L'idée de leur sainteté s'est formée par l'usage de consulter la volonté des dieux, dans les décisions importantes, en recourant aux sortilèges, aux oracles. Les lois ont semblé ainsi devenir l'expression d'une volonté divine 2. - Quant à la propriété, Spencer en voit la notion première dans l'acte des animaux carnassiers saisissant leur proie 3.
Afin de donner au lecteur, par un exemple, une idée de la manière « primitive » — on pourrait presque dire « préhistorique » — dont les élucubrations sociologiques de notre philosophe des deux mondes sont assez souvent conçues, nous citons ici un passage emprunté à une étude publiée récemment par lui dans la Revue Mind (octobre 1890, pp. 449 et suiv.), sous ce titre: The origin ofmusic.
• Il combat ici l'opinion de Darwin, que la musique, ce « langage développé des émotions », a exclusivement son origine dans les cris ou les sons que les animaux mâles font entendre pour attirer la femelle. Nous choisissons ce passage parce que tout lecteur est en état de contrôler par lui-même les faits « scientifiques » sur lesquels l'auteur s'appuie, et de juger, peut-être avec plus de compétence encore que Spencer, de la valeur des preuves, a A l'appui de la théorie de Darwin», dit-il, « on citera tout au plus le roucoulement du pigeon; peut-être trouvera-t-on encore un argument en sa faveur dans le miaulement du chat, bien qu'il soit douteux pour moi que le chat pousse ces miaulements dans l'intention de charmer la chatte. Mais à coup sûr, le hurlement du chien n'a rien de commun avec la recherche de la femelle, pas plus que l'aboiement, qui