‹ Le Positivisme depuis Comte jusqu'à nos joursChapitre 173 sur 342 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

convenablement adaptées aux conditions de l'existence »*; — au point de vue psychologique, lorsque le plaisir et la douleur, qui naissent des sentiments moraux, sont si bien devenus un attrait ou une répulsion, que Ton finit par faire le bien naturellement 2 ; — au point de vue sociologique, quand les activités sociales sont arrivées à ce résultat, que la vie parfaite de l'individu favorise la perfection de la vie commune.

Aux yeux de Spencer, sa morale présente le précieux avantage de concilier et de fondre ensemble toutes les théories morales opposées 3. D'après lui, tous les systèmes de morale sont relatifs, c'est-à-dire qu'ils étaient bons pour la période d'évolution où ils ont paru 4. Le principal mérite de sa théorie, ajoute-t-il, c'est qu'elle représente le juste rapport qui existe entre l'égoïsme et l'altruisme. Entre eux, en effet, il établit une constante dépendance et et une action réciproque 3, de telle sorte cependant que l'égoïsme demeure la base G. La forme primitive de l'altruisme est « l'immolation des parents » pour se créer une postérité 7. De même que. « dans la satisfaction des instincts paternels », les parents perdent la conscience de -l'immolation « par leurs sacrifices altruistes en faveur des enfants », ainsi, avec le progrès de l'évolution sociale, les actes sociaux altruistes s'accompliront sous l'infiuence de la plus haute satisfaction égoïste 8. L'abnégation disparaîtra de plus en plus 9 comme élément de l'acte moral, parce que cet acte lui-même constituera le plaisir le plus grand. En conséquence de cette théorie de Spencer, les actes absolument bons sont ceux qui n'apportent avec

Page 1