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les questions plus délicates de la philosophie livre en proie au premier badaud qui se présente sur leur route en vantant sa marchandise »*.
Ce qui a permis à Spencer d'égarer bon nombre de philosophes et de naturalistes, c'est l'éblouissant appareil scientifique sous lequel il présente sa doctrine. On voit ainsi une fois de plus la vérité du proverbe : Tout ce qui brille n'est pas or. Voici, à son tour, Max Mûller, le fameux linguiste, écrivant à propos des excursions que Spencer se permet sur son terrain : « Je ne reproche pas à un philosophe d'ignorer les résultats obtenus par la science des langues, aussi longtemps qu'il s'abstient de toucher à ce sujet. Mais faire constamment appel aux langues, et ignorer ce qui a été établi par la philologie comparative, c'est chose impardonnable. Or, à ce point de vue. il n'y a pas plus grand pécheur que M. Herbert Spencer {No one is a greater sinner in thcit respect than M. H. Spencer). Il invoque sans cesse des faits de linguistique à l'appui de ses opinions; mais ces faits ne sont presque jamais exacts » ^.
1. E. Dûhring, Cursus der Philosophie, p. 453. — La formule d'évolution établie par Spencer a été examinée en détail par Malcolm Guthries dans un travail intitulé : On H. Spencer''s formula of évolution as an exhaustive statemeni of Ihe changes of Universe. (London, Trûbner, 1879).