‹ Le Positivisme depuis Comte jusqu'à nos joursChapitre 181 sur 342 · Ibid., 424, 330, 377, 104 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid., 424, 330, 377, 104 et suiv

remarquer que la propriété distinctive de la connaissance intellectuelle, par opposition à la connaissance sensible, consiste, d'après l'auteur, dans la perception consciente des rapports de ressemblance, de différence etc. entre le sujet et l'objet, ou entre les divers objets. Mais c'est là précisément ce qui établit avec évidence une différence essentielle entre la connaissance spécifique de l'homme (connaissance intellectuelle), et la connaissance sensible, commune à l'homme et à l'animal. La perception réflexe de ces rapports se trouve dans toute connaissance spécifique de l'homme ; elle est absente de toute connaissance animale : par conséquent lorsque Romanes affirme que, par une transition progressive, cette dernière se transforme et devient la connaissance première de IV.nfant, il s'appuie sur des hypothèses erronées et sur de fausses conclusions. Que la vie intellectuelle, qui s'éveille progressivement chez l'enfant, suppose nécessairement un certain, épanouissement de la connaissance sensible et de la vie animale, et qu'elle se développe avec elle, il ne s'ensuit pas qu'elle ne constitue qu'un degré plus élevé, de même nature essentielle. La conscience réflexe du moi, contenue dans cette connaissance supérieure, prouve au contraire qu'il y a là une faculté nouvelle, essentiellement distincte. Romanes se trompe également quand il affirme que les idées proprement dites générales dépendent du langage. En outre, il ne faut accueillir qu'avec une grande réserve les exemples empruntés à la vie animale, que l'au-

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teur* et d'autres naturalistes^ de l'école de Darwin apportent pour prouver l'intelligence des animaux et établir entre eux et l'homme une ressemblance physique essentielle. A un examen attentif, on constatera une forte teinte d'anthropomorphisme. Cette réserve est encore plus indispensable s'il s'agit des conclusions et des observations théoriques que Romanes et d'autres darwinistes rattachent à leurs théories, en prétendant les puiser dans l'histoire naturelle des animaux. Presque toujours, on trouvera que, d'une manière ou d'une autre, ces conclusions pèchent contre la logique. De ce que le chien, par exemple, sur certaines paroles de son maître, agit en conformité avec ces paroles, il ne s'ensuit pas, comme Romanes le conclut, que le chien comprenne le sens des mots, mais simplement que l'impression sensible qu'il reçoit alors, réveille, par suite d'une association de représentations dans son souvenir, certaines autres représentations déterminées qui, à leur tour, provoquent telle ou telle manifestation extérieure^.

1. Dans Mental évolution in man; et surtout dans Animal intelligence (1882; 5« édit., 1892), et dans iVI^n- ■tal évolution in aniinals.

2. Par exemple, Brehm dans son Thierleben, (3* édit. 10 vol.)

3. Un examen strictement scientifique nous montre la Aie animale sous un jour tout autre, là même où l'instinct atteint un développement merveilleux. Pour s'en convaincre, il suffit de lire, par exemple, B. Altum : Der

Vogel und sein Leben (Munster: 5 Aufl. 1875) ; E. Wassmann, S. J. : Der Trichterioickler (Miinster, 1884) ; Die

liCOLES INDEPENDANTES

1 18. — Th. Huxley et John Tyndall. — Le physiologiste Tli. Huxley et le physicien John Tyndall sont ce que l'on pourrait appeler les orateurs ambulants de l'agnosticisme. C'est au premier que nous devons le mot lui-môme iVaonosticisme. La doctrine désespérante du symbole agnosticopositiviste se révèle bien dans ces lignes de Tyndall:

« D'où venons-nous? oii allons-nous? Cette question retentit sur les rives sans fin de l'inconnu : point de réponse, pas même un écho ! Scrutons la matière jusqu'à ses dernières limites; étudionsla sous toutes ses formes pour essayer d'en tirer un éclaircissement. Effaçons de notre lexique le mot et force vitale » pour ramener, si nous le pouvons, tous les phénomènes visibles de la vie à l'attraction et à la répulsion. Quand nous aurons ainsi pénétré la nature jusqu'à ses plus intimes prqfondeurs, le mystère se dressera encore devant nous. Nous n'avons point avancé d'un pa&

Zusammengesetzlen Nesler und gemischlen Kolonien der Ameiscn (Munster, 1891, en particulier. Part, m, cap. 1: Zur Psychologie der Ameisengesellschaflen); J, H. Fabve : Souvenirs entomologiques (4 vol.; Paris, Delagrave, 1875-1891).

W.'Wundt [Menschen-und Thierseele, 2» édit , 1892, p. 383 et suiv.; voir aussi Logik, ii, 495), se plaçant au point de vue scientifique, proteste, à propos de Romanes, contre les théories anthropomorphistes appliquées à la. vie animale. — Le livre de Romanes, Mental évolution in man, a été réfuté directement par St. George Miwart,. The origin of human reason; being an eœaminationof récent hypothèses concerning it (London 1889).

vers la solution. Toujours, Téiiigme sera là — même au delà des limites de la connaissance — toujours elle contraindra les philosophes futurs à cet aveu :

We are stuff As dreams are made of, and our little life Is rounded with a sleep. ^

Ignoramus, Ignorabimus, voilà ce que le physiologiste Du Bois-Reymond^ répète sur les bords de la Sprée, comme un écho de l'agnosticisme anglais. Un autre coryphée des sciences naturelles en Allemagne, le physicien Helmholtz, a publié une édition allemande des œuvres de Tyndall.

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