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volution. Le résultat fut, dans le domaine des sciences naturelles, une révolution dont toutes les autres sciences et la philosophie elle-même ^nt sentTle contre-coup. Partant de ce fait que, par une sélection artificielle, c'est-à-dire d'abord par des accouplements déterminés, puis par une réglementation méthodique des autres conditions de la vie, on peut arriver à produire de nouvelles variétés de plantes et d'animaux, Darwin cherche à expliquer l'existence des espèces dans le règne végétal et dans le règne animal par l'hypothèse d'une sélection analogue se produisant mécaniquement dans toute la nature animée, par la marche même des lois naturelles. Les principales hypothèses qu'il admet sont les suivantes: 1. une variabilité inhérente à tous les êtres vivants ; 2. la lutte pour l'existence, résultant du nombre des individus qui, par la reproduction, s'accroit en progression géométrique. La lutte pour l'existence remplit ici le rôle d'une sélection naturelle, conservant pour la reproduction les individus doués des modifications propres au but à atteindre, et; 3. par l'/iërëdiië, affermissant et consolidant ces modifications favorables, qui s'accumulent progressivement dans les générations suivantesjusqu'àformerunenouvelle espèce. Grâce au concours de ces diverses circonstances, affirme Darwin, par un progrès insensible qui a demandé un nombre incalculable de siècles , toutes les espèces maintenant connues du règne végétal et du règne animal sont sorties d'un seul organisme primitif ou, du moins, de quelques or-
ganismes primitifs. Dans le développement des principes que nous venons d'exposer, l'auteur s& voit contraint d'admettre beaucoup d'autres hypothèses.
Darwin n'étendait pas son explication à l'origine même de la vie organique. D'abord, dans la première édition de son livre Origin of species (1859), il attribuait expressément l'apparition de la vie à l'intervention du créateur^ Plus tard, il se laissa entraîner par ses partisans plus radicaux — surtout Haeckel et Huxley — à des affirmations peu d'accord avec la foi à la création et à la spiritualité de l'âme. En réalité, comme ses lettres le prouvent^, il hésitait dans ses opinions religieuses et flottait de l'une à l'autre. Il se disait, il est vrai, agnostique 2; mais, trois ans encore avant de mourir (1879), il affirmait que la doctrine de l'évolution est parfaitement conciliable avec la croyance à un Dieu 3. Et même il était loin de soutenir son « hypothèse » de l'origine des espèces, avec l'assurance apodictique que plusieurs de ses disciples affectaient. Qu'on lise, par exemple, ces quelques citations :
D'une part, il écrit :
« S'il pouvait être démontré qu'il existe un seul organe composé qui ne se soit pas formé par une suite de modifications nombreuses et insensibles, c'en serait fait de ma théorie S'il pou-
1. Thelîfeancl letlers of Ch. Daricin (1888), i, 305 et suiv.