Paroles de philosophie positive, pp. 44 et suiv
de la loi sociologique, un contre-sens flagrant; autant vaudrait dire, en physiologie, que l'homme passe de la maturité à la jeunesse ou à l'enfance, puisque, pour Aug. Comte, la loi sociologique est aussi bien une loi naturelle que la loi physiologique. Peut-être ce prétendu retour du philosophe à la période métaphysique tient-il du « miracle » ?
Quant à la « théorie cérébrale », — cette autre base fondamentale du système de Comte — Littré la rejette absolument *. En morale, il se met de même en opposition ouverte avec son maître. Il fonde sa morale sur la sexualité ^, qui est, pour Aug. Comte, le plus perturbateur des instincts •égoïstes 3, en même temps que le plus grand obstacle à la morale, puisque la morale est essentiellement u altruiste ». En définitive, Littré abandonne successivement les divers points du système de Comte, et il en vient à réduire le positivisme à la seule «■ méthode positive ». Il professe toujours la méthode de Comte; mais, <îuaiit aux applications que son maître en a faites, il se réserve toute liberté de discussion *. « Quiconque, dit-il plus tard, applique cette méthode à la philosophie, est positiviste, et qu'il le dise ou non, disciple de M. (]omte; quiconque en applique une autre, est métaphysicien. Voilà le
1. Auguste Comte et la philosophie positive, pp. 6o3^ et suiv., 67o; Revue des Deux mondes, 1866, iv, 849.