Menschen-und Affenschàdel
semblées de savants naturalistes^, que la théorie de l'évolution n'est pas autre chose qu'une hypothèse « sans preuves », que ce serait donc une erreur et même un danger pour la science, de la tenir pour une conclusion légitime de la science, ou de vouloir, comme plusieurs ont tenté de le faire à l'exemple de Haeckel, partir de cette théorie pour substituer, dans renseignement, une conception naturaliste du monde aux données du christianisme. A son tour, Jos. Ranke, dont on connaît la valeur dans les questions d'anthropologie, proteste contre la funeste introduction d'hypothèses qui ne cessent de varier avec les idées du jour; et il ne perd aucune occasion de montrer combien l'hypothèse darwiniste est loin d'être d'accord avec les données de l'expérience^. Yon Bauer (f 1876) juge que le darwinisme mérite sans doute une certaine attention, mais qu'il reste une hypothèse dénuée de preuves^. Le célèbre anatomiste et physiologiste Ch.
1. Par exemple à la 46« assemblée des naturalistes et médecins allemands, tenue à Wiesbaden en 1873 [Journal des naturalistes et médecins, p. 210); au 13^ congi^ès des anthropologistes, en 18^2 ; et surtout dans un célèbre discours prononcé à l'assemblée des savants, à Munich, en 1.S77. [Die Freiheit der Wissenschaft in moderne Staate ; 1877 ; reproduit dans la Revue scientifique; 1877; II, 534 et suiv.)
2. Ranke. Der Mensch ; 1888 ; i. préf.: ii vol.. pp. ô et suiv.; 144 et suiv., 205, 231, 246, 3o3, 363.
3. Von Bauer. Reden und Aufsdtze [ii\o\., St-Pétersbourg, 1876); pp. 235 et suiv. surtout 282, 456.
Robin, — il est pourtant positiviste — condamne ouvertement toute doctrine de l'évolution, parce qu'une telle doctrine est en contradiction avec les données des sciences naturelles*. « Les ôtres vivants », dit-il, « évoluent seulement entre la monstruosité et la mort, mais nullement vers la transmutation de sjjecie in speciem »2. A. de Quatrefages, bien connu pour ses travaux zoologiques et anthropologiques, déclare, après un examen impartial^, que la doctrine darwiniste de l'évolution, telle que Darwin Fa présentée et, bien plus encore, dans la forme que les successeurs du maître (Romanes* el HaeckeP) lui ont donnée, est en contradiction avec les faits. « Gardons-nous », écrit-il, « de sacrifier le savoir positif aux hypothèses, sous prétexte de progrès. En un mot, ne rêvons pas ce qui peut être, acceptons et cherchons ce qui est »^.
Le sévère jugement de ce dernier savant a d'autant plus de valeur que Darwin lui-même disait : « Il n'y a pas un naturaliste au monde