FRANCE
En France, les diverses formes du mouvement positiviste libéral sont représentées : a) par le positivisme sceptico-critique de ïaijie ; b) par la physiologie expérimentale de l'école psycho-physiologique dont le pricipal représentant est Th.
Ribot ; et enfin c) par le monisme positiviste, qui, à^son tour, comprend deux subdivisions : le monisme conceptuel d'E. de Robertj, et le monisme « immanent naturaliste » de Fouillée et de îjuyau.
Le positivisme libéral français semble s'inspirer principalement de J. St. Mill et de Spencer; mais on y retrouve en outre un lointain écho de l'empirisme traditionnel dont Cabanis, Broussais et Comte étaient les représentants.
A. HIPPOLYTE-ADOLPHE TATNE (1828-1893).
123. — Caractère général de Taine. — H. A. Taine est un esprit qui offre la plus grande variété d'aspects. Sa manière de concevoir et d'exposer les choses est bien conforme à la tournure du génie français : c'est ce qui explique la grande influence qu'il a su exercer, parmi ses compatriotes, dans le domaine de la littérature et des ^ arts, non moins que dans ceux de l'histoire et de
i la philosophie. « L'étude de la doctrine de M.
'^aîneT), écrit V. Hommay. « s'impose à quicon- •que veut pénétrer les causes et définir les caractères du puissant mouvement de philosophie empirique auquel nous assistons. Si M. Taine occupe une telle place dans l'histoire de la pensée moderne, ce n'est pas seulement parce qu'il a su exprimer dans de brillantes formules certains états d'âme caractéristiques de cette seconde moitié du XIX" siècle ; c'est aussi parce qu'il a été
rinitiateur d'un mouvement fécond , l'un des penseurs qui ont le plus puissamment contribué à rajeunir, en leur ouvrant des voies nouvelles et plus larges, en les plaçant dans un cadre plus solide et plus brillant, des doctrines qui ont toujours eu des racines profondes dans les tendances de l'esprit français »*. En tout et partout, H. A. Taine se montre essentiellement positiviste : il veut ramener toutes choses aux méthodes des sciences naturelles.
« Nous considérons », dit-il, « la substance, la force et tous les êtres métaphysiques modernes comme un reste des entités scolastiques. Nous pensons qu'il n'y a rien au monde que des faits et des lois »2,... « On peut considérer l'homme comme un animal d'espèce supérieure, qui produit des philosophies et des poèmes, à peu près comme les vers à soie font leurs cocons et comme les abeilles font leurs ruches... Par tous ses développements, l'animal humain continue l'animal brut, car les facultés humaines ont la vie du cerveau pour racine » ^. Réunir des multitudes de faits en certains groupes, ramener les groupes à des formules, et ces formules elles-mêmes à d'autres plus générales, telle est, d'après Taine, la voie où toute science doit entrer. Conformément à ce principe, il traite la psychologie des peuples, en opposant à la méthode philologico-