Ibid., I, 326 et saiv
avec la sensation, qui traduit le fait externe dans le langage du sens correspondant et devient ainsi le « substitut interne » de ce fait. De même les «images» du sens interne sont des substituts de sensations passées, futures et possibles; les noms individuels sont des substituts d'images et de sensations momentanément absentes ; les noms généraux les plus simples sont des substituts d'images et de sensations impossibles ; les noms généraux plus composés sont des substituts d'autres noms, et ainsi de suite*. «Nous n'avons pas », dit l'auteur, «d'idées générales à proprement parler... Mais quand nous avons vu une série d'objets pourvus d'une qualité commune, nous éprouvons une certaine tenda^nce, une tendance qui correspond à la qualité commune et ne correspond qu'à elle. C'est cette tendance qui évoque en nous le nom ; quand elle naît, c'est ce nom seul qu'on imagine ou qu'on prononce » -. Taine ne remarque pas dans quelle évidente contradiction il tombe ici. La même phrase, destinée à établir qu'il n'y a pas d'idées universelles, parle deux fois d'une « propriété commune » à plusieurs objets ; ce qui prouve évidemment que l'auteur a l'idée de cette « propriété commune », et, par conséquent, une «idée universelle» in .optima forma. Chez Taine, comme chez St.Mill, on pourrait relever un grand nombre de pareilles contradictions.