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Physiquement, la connaissance est un ébranlement nerveux. La sensation consiste exclusivement dans l'activité du nerf central. Les images latentes ou affaiblies, leur association, leur réapparition ont leur principe dans la structure et l'activité du cerveau qui travaille et se renouvelle sans cesse.
De la nature de la connaissance, telle qu'il vient de l'exposer, Taine conclut que notre connaissance du monde extérieur est « un rêve interne, qui se trouve en harmonie avec les choses du dehors », et, par conséquent, une hallucination vraie, qui correspond à la réajité *, Si l'homme, par la nature de sa connaissance, ne devient pas la victime des illusions, il le doit à une continuelle rectification des u images » qui se forment sans cesse dans les centres nerveux. Sans cela, ces images prendraient, comme il arrive dans le rêve, dans la folie, dans l'hypnotisme et chez les visionnaires, une clarté et une intensité qui, dans l'état normal, n'appartiennent qu'aux sensations réelles perçues du dehors 2.
A l'aide de cette théorie sensualiste-idéaliste, Taine entreprend de représenter comme des illusions toutes nos idées d'esprit, de corps, de matière, de force, et l'idée même que nous avons du « moi ». Il s'appuie aussi sur certains phénomènes pathologiques dont l'étude rencontre, de nos jours et plus particulièrement en France,