‹ Le Positivisme depuis Comte jusqu'à nos joursChapitre 219 sur 342 · Ihid., p. 82; voir aussi pp · texte numérisé non relu

Ihid., p. 82; voir aussi pp

3. Revue philosophique, 1878, ii, 436 ; voir aussi Rev. phil., 1879, I, 289 et suiv. ; 400 et suiv.

Le PosrnvisHE. — 2Si.

dans les idées philosopliiques et de rigueur dans les conclusions : par conséquent, elles ne sont pas non plus sans se contredire ouvertement. D'une pari, en attribuant à la force vitale directrice la direction des agents pliysico-chimiques et une activité créatrice dans l'organisme vivant. Cl. Bernard lui reconnaît aussi une influence p/iysigite sur les phénomènes vitaux, et par conséquent, une causalité active, physique. D'autre part, il lui refuse formellement toute causalité physique, toute action réelle sur les phénomènes vitaux.

Cette conception tout à fait contradictoire du principe de la vie, qui a constamment jeté Cl. Bernard dans la confusion et dans l'erreur lorsqu'il s'agit du vitalisme, vient, selon nous, de ce que l'auteur n'a pu se former une notion exacte de la cause formelle (causa formalis). Toute son argumentation contre un principe vital physique et physiquement agissant, repose sur le sophisme appelé ignoratio elenchi, parce qu'elle est uniquement dirigée contre une causalité subsistante joar elle-même et effective. La causalité physique essentielle au principe vital dans l'organisme, ne consiste point, de fait, en une causalité subsistante par elle-même et effective, qui déroge au principe de la conservation de la force ; mais uniquement dans l'information de la matière et des forces essentielles à la matière. Dans son union avec la ma:tière informée par lui, le principe vital prend d'ailleurs une part réelle aux phénomènes effectifs de la

vie. Non pas qu'il vienne, comme une force du même ordre, accroître et multiplier les énergies physicochimiques: mais, en tant que principe d'information, il détermine la modalité spéciale des agents physico-chimiques de l'organisme vivant, et dirige leur activité aux buts de la vie par la nutrition et la reproduction. Cl. Bernard lui-même ne dit pas autre chose quand il écrit : « La force vitale dirige les phénomènes (de la vie) qu'elle ne produit pas; les agents physiques produisent des phénomènes qu'ils ne dirigent pas » ^

Cl. Bernard se trompe encore lorsque, s'appuyant sur sa conception erronée du caractère « métaphysique » de la force vitale, il prétend limiter la connaissance « scientifique » des phénomènes de la vie aux seuls processus physico-chimiques de l'organisme. Ceux-ci, en effet, ne sont que les conditions « matérielles >) des phénomènes de la vie. Ces derniers eux-mêmes appartiennent à un ordre supérieur : ils sont tout différents de ces processus physico-chimiques. La chose est évidente pour les formes supérieures de l'activité vitale, pour la vie sensitive, pour la vie intellectuelle. Du reste. Cl. Bernard reconnaît que les phénomènes de la vie sont, en euxmêmes, autre chose que les processus physicochimiques qui les accompagnent, quand il parle d'un « parallélisme », d'une « union harmonique nécessaire » entre ces deux ordres de faits. Et

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