C. MONISTES POSITIVISTES FRANÇAIS
La France — comme l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, l'Amérique, etc.. — a vu naître du positivisme certains systèmes monistes qui affichent la prétention de corriger le positivisme et l'agnosticisme en les ramenant à une forme
meilleure. Les principaux représentants de ce monisme positiviste sont E. de Roberty, A. Fouillée et J. M. Tiuvau.
132. — E. de Roberty offre, par sa propre évolution philosophique, une preuve bien frappante des transformations par lesquelles a passé, en moins d'une génération, la prétendue « philosophie définitive » c'est-à-dire le positivisme. D'abord partisan zélé du positivisme Comte- Littré, il a continué de professer une haute admiration pour le Maître ; mais il a si bien renoncé à l'ancienne école de Comte et de Spencer qu'il en combat résolument le principe fondamental, « l'Inconnaissable », comme « la dernière citadelle de la métaphysique », un « fantôme du passé théologique de l'humanité », le « dernier survivant d'une armée d'entités verbales », « l'obstacle au progrès » ^, la « grande illusion » ^.
Quant au moyen d'écarter à tout jamais l'/nconna,isscible , V hnmense , Vlnaccessible de Spencer, de Littré et de Comte, E. de Roberty croit le trouver dans la science psycho-sociologique, quand cette dernière sera suffisamment développée. Pour lui, la solution de l'énigme consiste à ramener l'Inconnaissable au connaissable, à considérer Dieu comme une création de l'intelligence humaine. Il faut dire avec Yacherot^ :
i. V Inconnaissable, sa métaphysique, sa psychologie. 1889, pp. 5:^-56.