Ibid
6. Ibid., 40. Dans les questions relatives à réducation, Guyau se place également à un point de vue ultra-scientifique : il conseille l'emploi le plus large de la suggestion hypnotique [Ibid., 127).
grands services à la critique du positivisme classique anglo-français. Leurs travaux en ce sens ont d'aulant plus de prix qu'ils viennent nonseulement de libres-penseurs déclarés, mais encore de libres-penseurs qui se sont placés à un point de vue essentiellement positiviste. — Quant à leurs « constructions » métaphysiques et aux déductions sur lesquelles ils prétendent appuyer leur système, il s'en faut tellement qu'elles soient logiquement irréprochables et basées sur les données solides de l'expérience, qu'elles semblent bien plutôtextrômement arbitraires et fantaisistes. Contentons-nous de l'indiquer sur quelques points principaux.
Le monisme critique d'E. de Roberty veut représenter Dieu et l'Inconnaissable de Spencer comme la « négation cachée du concept positif de l'univers ». Or l'idée de Dieu dit évidemment beaucoup plus que la simple négation de l'univers. C'est le concept le plus positif, un concept incomparablement plus positif, plus compréhensif et plus réel que le concept de l'univers lui-même. Pour ceux qui admettent l'existence de Dieu comme pour ceux qui la combattent, Dieu est, d'après le concept qu'ils s'en forment, l'être le plus réel, Vens realissimum. Spencer lui-même conçoit son Inconnaissable comme la réalité la plus haute et la plus compréhensive qui se cache sous tous les phénomènes. Si donc on prend les concepts réels de Dieu ou de l'Inconnaissable et de l'univers ou du Connaissable pour point de départ, afin de résoudre le
problème métaphysique par l'analyse de ces concepts, on ne peut nullement dire que l'idée de Dieu n'est qu'une négation de l'univers. Il serait beaucoup moins illogique de renverser la proposition et de dire : L'univers est une négation de Diau, quoique l'univers lui-même ne soit pas naturellement une « pure » négation. ^En outre^ lorsque Roberty suppose que les contraires sont entre eux comme une chose est à la négation d& cette chose, il montre une profonde ignorance des notions fondamentales de la logique. Quant à l'argument tiré de cette assertion que la négation n'est jamais un pur néant, c'est un non-sens. Le monisme immanent et naturaliste d'A.
Fouillée et de Guyau fait de la volonté, considérée comme fonction psychique consciente ou subconsciente, le principe d'origine de l'évolution universelle. Un examen philosophique plus réfléchi, qui s'en tient aux réalités, trouvera que cette tentative d'attribuer la vie psychique à l'univers inorganique tout entier est absolument fantaisiste et arbitraire. On ne pourra que s'étonner de voir que des hommes d'ailleurs si bien doués, sous prétexte d'opposer la science expérimentale au dogme de la création, se laissent entraîner par leurs préjugés contre ce dogme jusqu'à méconnaître à ce point les données de l'expérience. — Fouillée et Guyau affirment, en outre, que la morale n'a pas besoin de la religion, même prise en son sens le plus large, c'est-à-dire en tant qu'elle se borne à la croyance naturelle en Dieu. Or leurs systèmes de morale sont une
preuve frappante du danger que court la morale quand on veut la rendre indépendante de la <:royance en Dieu. En effet, en dépit de toutes les belles apparences altruistes et sociologiques dont ces systèmes prétendent se couvrir, ils ne sont en réalité que « l'anomie » en morale, puisqu'ils font de la volonté individuelle, qui a précisément besoin d'une règle morale, le principe fondamental et, par conséquent, la règle de la morale. — La tentative faite par Fouillée pour concilier, par sa théorie des idées-forces, la liberté et le déterminisme (« réaction du déterminisme sur lui-même par l'idée de liberté »), n'est qu'un jeu indigne d'un vrai philosophe.