Philosophie positive, xx, 462 ; Voir xxii
42 LE POSITIVISME DANS LES ÉCOLES ISSUES d'a, COMTE
germes : rexpéricnce. le raisonnement et le temps les développent. C'est ainsi que se forment les morales toujours relatives des différentes époques et des différentes nations, mais aussi toujours progressives à mesure que la notion de l'humanité, se dégageant, resserre l'égoïsme et dilate l'altruisme » *. Littré appelle sa morale, une « morale laïque » ^.
15. — La religion. — Le mot «religion», dit Littré, comporte une signification parfaitement d'accord avec les notions empiriques du positivisme. «A ce point de vue, la religion est composée de deux éléments: la doctrine des lois naturelles qui régissent le monde et l'humanité, fille du monde, et une moralité déduite de ces lois et aussi soumise aux vrais devoirs qu'affranchie des devoirs vains et imaginaires » ^. La con- •ception positiviste du monde avait donné naissance à un symbole religieux, l'humanité ; et Aug. Comte voulait substituer ce symbole à toutes les religions anciennes. Littré l'accepte, mais il rejette l'organisation du culte établie d'après l'Eglise catholique, « parce qu'elle abandonne le terrain des réalités » *. Au point de vue philosophique, toutes les religions « théologiques » (Brahmanisme, Bouddhisme, Christianisme, Islamisme) sont également vaines. C'est