PREMIÈRE PARTIE
1. — Dispositions prises par Aug. Comte en Yue de son successeur. — Aug. Comte voulait non seulement fonder un système philosophique, mais créer une sorte d'église, une religion de l'humanité qui après trois générations — c'était sa conviction profonde — se substituerait à toutes les religions comme à toutes les philosophies et ferait désormais le bonheur du monde. Déjà, dans les premiers écrits de sa jeunesse, une réorganisation sociale appuyée sur un « pouvoir spirituel » confié aux représentants des sciences exactes, lui semblait l'idéal à poursuivre. Dans son Cours de philosophie positive j il définissait nettement cet idéal ^ Une corporation des savants de l'Europe 2, un Comité Occidental positiviste devait former une sorte de concile permanent de la nouvelle église, continuer son œuvre et promouvoir la réorganisation de la vie humaine conformément aux principes de la philosophie posi-
1. Cours de philosophie positive^ vi, 519 et suiv. (2» édit, 435).