Revue philosophique, 1879. i
2. N. Grot, Charahter und Ziel meiner Philosophie (Moscou, 1886). Voir Revue philosophique, 1887, ii, 666.
que intitulée, V^oprosni Filoso/ii i Psichologii (Questions de philosophie et de psychologie).
163. — Un jugement sur la littérature philosophique russe en général. — rs'ous ne citerons aucun autre positiviste russe, et nous nous bornons à reproduire quelques lignes d'un article consacré par la Revue philosophique à la science et à la littérature russes en général. Ce jugement nous semble assez juste. L'auteur de l'article s'exprime ainsi :
« Deux mots, insuffisance et radicsilisme, résument assez bien l'impression générale ressentie à la lecture des écrits russes de vulgarisation ou de critique philosophique L'insuffisance consiste principalement en une absence de fortes études préalables, jointe à un défaut de discipline ou d'entraînement intellectuel qui possède toute la saveur des choses agrestes, mais aussi tous leurs inconvénients. Quant au radicalisme, il est peut-être de meilleur aloi : dédaigneux ou insoucieux des bagatelles de la porte, l'esprit slave n'aime pas à s'arrêter aux préliminaires des questions, si grosses qu'elles soient; il tourne les obstacles plutôt que d'employer son temps à les vaincre ou les détruire ; une ardeur naïve le pousse à chercher le fond des choses, et une finesse byzantine lui sert à cacher, souvent à ses propres yeux, ses fréquentes et inévitables déceptions — En somme,... quand, après lecture des ouvrages spéciaux d'Occident, on aborde la littérature philosophique la plus goûtée en Russie, on a un peu l'impression que causerait le brusque passage
d'une séance du Palais-Bourbon à une réunion de la salle Favié ou de la rue Sainte-Geneviève ; cela dit en très bonne part, et sans vouloir le moins du monde fermer les yeux à ce fait, que les discussions sont souvent aussi oiseuses dans le premier cas que dans le second, ou qu'on peut facilement retrouver dans la masse des volumes qui se publient journellement en Allemagne, en Angleterre, en France et en Italie, les illogismes, les contre-sens et les fautes de raisonnement qui déparent la philosophie militante des Russes »*■.
B. Amérique du nord. •
Dans le Nouveau Monde, dit la Revue philosophique en s appuyant sur le témoignage de G. Stanley Hall (1879), la philosophie est encore à l'état d'enfance : les philosophes y sont aussi rares que les serpents en Norvège. Spencer, Lewes, Darwin, Huxley sont, aux Etats-Unis, les guides que Ton suit dans l'enseignement philosophique^.
Aujourd'hui, ce jugement est encore vrai en grande partie. H faut reconnaître toutefois que, dans ces derniers temps, le champ de la philosophie a été cultivé avec zèle, comme le prouvent