The ethical proble^n
morale sur les principes de la doctrine monisteévolutionniste, parce que le déterminisme évolutionniste est la négation même des facteurs moraux. D'après cette théorie, tout ce qui arrive arrive nécessairement et devient, par conséquent, légitime, puisque toute distinction entre le bien et le mal moral est supprimée de fait.
469. — Albert Pike, le grand philosophe des arrière-loges, dans la lutte contre le positivisme et l'agnosticisme. — Comme nous avons plusieurs fois cité des témoignages qui prouvent combien la franc-maçonnerie montre de zèle pour les doctrines athées du positivisme, nous signalerons ici, afin de ne point paraître injuste, l'attitude toute différente, du moins en apparence, prise par le général Pike (f 1891), Grand- Commandeur du Suprême Conseil de Charleston, 33.". à l'or.', de AVashington, senior et vénérable philosophe de la haute franc-maçonnerie universelle.
A diverses reprises, Pike a formellement et sévèrement condamné l'agnosticisme et l'athéisme. Il affirmait que, pour faire partie de la franc-maçonnerie, une condition essentielle est de reconnaître l'existence d'un « Dieu personnel», qui seul rend possibles une religion et un culte*.
\ . y OIT Officiai bulletin of the Suprême Council of the 33'^ degree for the Southern Jurisdiction of Lhe U. S.— Gr.-. Or.-, of Charleston, 1878, 432 et suiv., 445 et suiv.; 1887, 186 et suiv. ; Morals and dogma etc., 227, 240.
En réalité, cependant, la manière dont Pike conçoit Dieu est encore plus fantastique, plus monstrueuse, plus indigne de la divinité que les théories de Spencer ou des positivistes allemands. La Cabale est pour lui le dernier effort de la sagesse philosophique, et la divinité, soit en elle-même, soit dans ses attributs, est tellement « inconnaissable » que nous ne pouvons en aucune façon lui reconnaître une existence au sens que nous donnons à ce mot^ Dieu et le monde sont un ; « dans cet un, le multiple et le singulier étaient contenus comme dans leur type ou dans leur source : c'est de -lui qu'ils sont sortis en se développant. Afin de commencer le processus de la création. Dieu a dû produire d'abord en lui un espace vide (!). Pour cela, la divinité dont on peut se représenter la nature à peu près comme une lumière sans forme, sans contour, remplissant tout l'espace, se replie de tous côtés sur elle-même et laisse ainsi un espace presque vide... Dans cet espace rond ou sphérique elle place ses émanations {sephiroth) qui sont une partie de sa lumière et de sa nature » ^.
1. Alb. Pike, Sephar if' Debarim. The booh of Ihe zcords A.-. M.-. 5638 (1878). -• Ce livre n'a été imprimé qu'à cent cinquante exemplaires ; il a été envoyé «par exprès» aux membres du 32^ et du 33" grade du Conseil Suprême de la juridiction du sud des Etats-Unis. (Voir Officiai bulletin,' ISS o, .502)
2. Alb. Pike, Morals and dogma of Ihe ancient and accepted Scottsih Rile of Freemasonry prepared for the Suprême Council of the thirty third degree oflhe
Alb. Pike va même jusqu'à donner pour symboles de la divinité certains emblèmes qui faisaient notoirement partie du culte païen et que, par respect pour nos lecteurs, nous nous abstiendrons de désigner autrement. C'est là le « mystère » de la haute franc-maçonnerie, et il l'accompagne de ces mots : « Sancta, sanctis ; nous le répétons : Aux saints les choses saintes ; et pour qui est saint, les mystères de la Cabale seront saints. Cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira. Si vous voulez trouver, si vous voulez entrer dans le sanctuaire, nous en avons dit assez pour vous montrer le chemin »*.
A veritate quidem auditmn avertent, ad fabulas autem convortentur {n Timoth., iv, 4) ; Quorum deus venter est (Philem., m, 19). — N'est-il pas étrange que, chez des hommes qui prétendent vivre dans le siècle des lumières, de telles absurdités, un pareil mépris pour la doctrine saine, une divinisation si éhontée des instincts les plus vils puissent non seulement paraître au grand jour, mais encore faire l'admira-
Southern Jurisdiction of the U. S. and published hy ils authority (Gharleston, A.'. M.-. 5641 (1881), 765).
1. Morals and dogma, 771 et ?>u.i\ .; S ephar H'Debarim, First and second Lecture on masonic st/inbolisiu. Electrotyped ; 100 copies only printed and plates melted down. Last researches of the Yen. *. Gr.\ Commandeur A.'. M.'. 5644 (J884). Sentby express only and only to 33''^ and32'i^ of the Southern jurisdiction. — Theinner Saacluary, Part IV. The book of the Holy-House. Iîooooijl, A.*. M.-. o6"27 (186 7), 342, 374, 401.
tion de ceux qui s'appellent « l'avant-garde du progrès », les « phares qui éclairent la route de l'Humanité » i, les « cultori giurati délia virtà », les « champions de la troisième grande civilisation européenne » 2, Le Bulletin des arrières-loges de Belgique, parlant des livres de Pike, dit qu'ils « renferment une vaste source de saine instruction en morale et en philosophie, ainsi que les vérités essentielles de la politique et de la religion » ^. Matliew Cook, 33 .•., à Londres, met au premier rang après la Bible et après le Conimon P rayer Book, le livre de Pike intitulé Maltais and dograa^. Du reste, tous les francs-maçons, même ceux des grades inférieurs, s'avouent, du moins dans la pratique, sectateurs du culte du « mystère » exposé par Alb. Pike : l'insigne, les paroles sacrées, tout le symbolisme de la franc-maçonnerie se rapportent en réalité à ce mystères.
1. Bulletin du Suprême Conseil de Belgique, 1888, p. 168; Bulletin du Gr.\ Or.-, de Betgiqice, 1881, p. 243.
'2. Rivista délia Massoneria italiana, 1889, p. 37; 1888, p. 248.