‹ Le Positivisme depuis Comte jusqu'à nos joursChapitre 40 sur 342 · Ibid., X, 437 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid., X, 437 et suiv

62 LE POSITIVISME DANS LES ÉCOLES ISSUES d'a. COMTE

«énateur, sur la suppression des établissements des Jésuites ; la mesure était proposée par des libres-penseurs comme lui. Ce passage donnera ridée de la tolérance de Littré.

« Mais faut-il donc permettre aux Jésuites », <iit il, « de former, au sein de la nation, une nation ennemie toujours disposée à ruiner de fa- ^on ou d'autre tout l'établissement laïque? — Cette nation ennemie, qui existe, continuera d'exister, n'en doutez pas, soit qu'on interdise ou non l'enseignement aux Jésuites. Les convictions religieuses qui l'entretiennent défient les mesures temporelles. Ce sont des convictions contraires qu'il convient de lui opposer, et ces convictions contraires ne manquent pas, car elles ont fait la France ce qu'elle est. Sachons donc en prendre notre parti et nous résigner à ce danger bien connu, ni surfait, ni atténué. Rien d'ailleurs n'est plus salutaire, quand on sait s'élever au-dessus des infataations, qu'une menace toujours présente et le frein auquel nous soumet la vigilance redoutable d'un ennemi acharné » 1.

— Nous ferons remarquer que, malgré toute sa « tolérance », Littré ne s'abstient pas toujours de ■certaines expressions blessantes, quand il est question de religion. Il parle, par exemple, « des ini- <juités, des puérilités et des mesquineries » de la morale théologique, à laquelle la nouvelle mo-

i . Philosophie positive, xxiii, 239, 242.

raie laïque est bien supérieure ^ Il permet que, dans sa Revue, Boysset se raille des croyances chrétiennes et les appelle, « bagage de fantômes et chimères » ^; etc.

24. — Succès scientifique de Littré. — La considération que Littré s'attirait par ses qualités personnelles, était encore accrue par ses succès scientifiques et par les distinctions qui en furent la récompense. En 4844, son travail sur Hippocrate lui avait ouvert l'entrée de l'Académie des Sciences. Le grand Dictionnaire de lu langue française lui acquit une réputation universelle. En 1873, malgré son athéisme déclaré, malgré les protestations publiques de Mgr Dupanloup , il fut reçu à l'Académie française. L'évêque d'Orléans donna alors sa démission de membre de l'Académie. La même année, Gambetta créa une chaire pour l'enseignement positiviste de la philosophie de l'histoire, et la donna à Littré qui, en 1871, avait fait partie de l'Assemblée nationale et qui, plus tard, fut nommé sénateur inamovible. Littré avait refusé le ruban de la Légion d'honneur, et ïOrdre pour le mérite qu'on lui avait offert de Berlin. Il était donc, pour ainsi dire, l'idole du monde moderne.

(3). Appui que le positivisme de Littré a rencontré dans la franc-maçonnerie.

Enfin, il faut tenir compte de l'appui que les

i. Philosophie positive, v, 30ti.

Page 1