‹ Le Positivisme depuis Comte jusqu'à nos joursChapitre 83 sur 342 · Revue Occidentale, novembre 1885, 373 et suiv · texte numérisé non relu

Revue Occidentale, novembre 1885, 373 et suiv

manité ; elle veut saisir l'homme tout entier^ dans toutes ses relations et sous tous ses rapports. Elle part des conditions biologiques et sociales de rhomme à chacun des âges de sa vie, pour régler conformément à ces conditions l'évolutioa normale positive de cet homme, en dirigeant sa vie religieuse (vie affective, contemplative et active). Elle tient compte du physique aussi bien que du moral et de l'intelligence de l'homme. Elle donne des règles d'hygiène, comme elle trace des devoirs, comme elle détermine la somme des connaissances à acquérir, pour les différentes périodes de la vie et pour les diverses fonctions sociales. Elle veut l'harmonie universelle et parfaite de la vie humaine à tous les points de vue, sous la direction supérieure du sacerdoce positiviste.

(c). [32]. Laffîtteet la philosophie troisième.

C'est en 1886-1889 que Laffitte a fait son Cours de « philosophie troisième ». La '< philosophie troisième » est, en grande partie, une création de Laffitte lui-même. Aug. Comte n'a donné, à ce sujet, que quelques indications assez vagues. « J'ai dû hésiter longtemps », dit Laffitte, « en face de la décision d'Aug. Comte qui déclare cette systématisation (la « philosophie troisième ») impossible et inutile, si ce n'est en ce qui regarde la théorie de l'industrie. Je suis convaincu que l'évolution même de ses travaux ullérieurs l'aurait fait revenir sur cette décision, et que, sous ce

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rapport, son esprit était dans une situation instable qui l'aurait conduit à une véritable position d'équilibre dans la constitution de la philosophie troisième. ... Si l'âge me permet d'exécuter un tel travail et de publier ce qui reste inédit de mon cours de philosophie première, le positivisme, à ma mort, se présentera au public comme la plus vaste systématisation mentale dont Ihistoire de l'Humanité puisse faire mention, et en harmonie avec l'extrême complication que comporte désormais la direction de notre espèce. Ce qui a fait la grandeur de cette doctrine, c'est précisément l'incomparable probité scientifique d'Aug. Comte, qui, au lieu d'aborder immédiatement les problèmes qui passionnaient le public et dont une solution, même très imparfaite, lui aurait donné une gloire immédiate, a, au contraire, suivi la voie lente et difficile, en allant du simple au composé. Au milieu des vaines agitations contemporaines, il a posé les bases inébranlables de l'édifice qui abritera l'Humanité dans tout le reste de sa durée. De 1822 à 1837, il a poursuivi, en grandissant sans cesse, celle œuvre immense qui va se terminer enfin maintenant par la construction de la philosophie troisième »*.

Quant à la nécessité de la « philosophie troisième », Laffilte la démontre par ces mots d'Aug. Comte : « Afin que la synthèse subjective soit vraiment complète, il faut que l'ordre concret

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