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CHAPITRE PREMIER

DE LA PERCEPTION DIRECTE DU MOi PAR LA CONSCIENCE

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Bien poser les questions est une des plus grandes difficultés des études philosophiques.

De même que dans Tordre matériel, la complexité et Tenchevètrement des causes sont le grand obstacle au progrès de la science; de même dans Tordre intellectuel, la complexité des idées et des notions est le motif le plus fréquent des hésitations du bon sens et des contradictions des philosophes sur cert|ins sujets, qui, présentés sous leur vrai jour et isoléi^.âes autres faits qui leur sont connexes j se manifesteraient avec une pleine évidence.

Nous avons déjà écarté une de ces causes d'erreur en exposant la théorie de Tabstraction et du jugement. Nous avons ainsi ramené la question^ débarrassée de Ja controverse avec le sensualisme sur la nature di^ jugement, à un seul et unique point. Quelle est, dans I4.. perception interne et dans la perception externe, la première donnée expérimentale^ le résultat brut de Tobservation?^ ,

Afin d'éviter de nouvelles confusions , nous allons poser avec plus de précision notre thèse, indiquer d'avance les conséquences ^ en résultent nécessairement, et les distinguer de celles qui, lie lui étant rattach&M que par an raisonnement ultérieur, ne font pas précisément partie de Tobjel en litige.

itî LE POSITIVISME BT LA SCIENCE EXPÉRIMENTALE.

Ce que nous soutenons, c'est que Tobjet sur lequel tombe Tobservation interne , la première notion qui résulte de Tacte de conscience, c'est la personne humaine elle-même aperçue dans sa sensation ou dans son acte.

La doctrine que nous combattons , c'est celle qui soutient que l'objet de l'expérience interne, ce sont nos sensations et nos actes séparés Tun de l'autre, et que l'union de ces sensations et de ces actes entre eux, oa Uen leur union avec un sujet substantiel unique, sont un résultat ultérieur, produit d'une autre opération intellectuelle que la pure observation.

Examinons les conséquences immédiates de l'une et de l'autre opinion.

Si celle de nos adversaires était vraie, si les sensations, les pensées , les actes , les phénomènes internes isolés étaient les seuls objets observables, s'ensuivrait-il que la personne humaine, qufi l'âme, n'existe pas ou ne puisse pas être connue?

Nullement ; Texistence de la personne humaine est une notion de bon sens inébranlable, indépendante de tout système. Il s'ensuivrait seulement que ce n'est pas l'observation directe, mais une autre faculté opérant sur les données de l'observation , qui nous manifesterait notre existence à titre de personne. Sans doute, si l'on admettait le principe positiviste que l'observation est la seule source de connaissance, ou même si l'on n'admettait avec l'observation que la seule induction comparative , celle qui généralise les faits et prédit leur retour, il serait difficile, il serait même impossible , avec ces éléments , de démontrer l'existence de la personne humaine. Avec des phénomènes , des généralisations et des comparaisons de phénomènes , on ne saurait constituer une substance.

Mais les principes positivistes ne sont nullement des axiomes; et si un spiritualiste venait à dire que, tout eu ne connaissant

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