‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 119 sur 320 · LIVRE TTT. - CHAPITRE PREMIER. t\Z · texte numérisé non relu

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d*autre objet de Tobservation que les purs phénomènes, il s'élève jusqu'à la subitance d'une' manière certaine par la spontanéité de sa raison, on ne pourrait Taccuser d'inconséquence ni de contradiction avec lui-même.

Notre thèse n'est donc pas essentielle à la défense du spiritualisme.

Supposons maintenant notre opinion prouvée, supposons qu'il soit démontré que la personne humaine , le moi voulant et sentant, est le premier objet, l'objet direct de l'expérience interne. Qu'en faudra-t-il conclure?

La réponse est aisée.

Il faudra conclure que la personne humaine existe réellement, telle que l'expérience interne la manifeste , telle qu'elle se manifeste à elle-même , c'est-à-dire à titre de substance , à titre d'être permaneut, indiviBJble, identique à lui-même.

Que peut-il y avoir, en effet, expérimentalement parlant, de plus certain que la première donnée de l'expérience ?

Ou l'expérience est mensongère, ou la personne humaine existe, tel sera le dilemme inévitable et irréductible dans lequel la démonstration de notre proposition nous placera.

Maintenant , peut-on supposer l'expérience mensongère , et en même temps enseigner qu'il ne peut y avoir d'autre source de vérité ? Évidemment , cela est impossible , à moins de tomber dans le scepticisme absolu et universel.

L'homme peut-il savoir quelque chose d'une manière certaine? C'est la* grande question de la certitude, tranchée affirmativement par le bon sens, tranchée affirmativement par la pratique de l'humanité , insoluble par le raisonnement pur, lequel suppose toujours la véracité de la faculté qui pose les prémisses et tire les conclusions.

Nous n'avons pas à ^aiter cette question en ce moment. Nous supposons l'expérience en général véridique , et nous voulons seulement établir que l'existence de la personne humaine, du moi , à titre de substance , est aussi évidente que tout autre fait expérimental.

L'existence du moi , à titre de eubstance indivisible et identique , est donc la conséquence immédiate et nHi^essaire de notre

i\^ LE POSmVISBfE ET LA SCIENCE EXPÉRIMENTALE.

thèse. Si nous prouvons que c est le moi qui est perçu tout d*abord et que les phénomènes internet ne sont que des décompositions de cette perception première , il sera certain expérimentalement que le moi est réel.

S'ensuivra-t-il que le corps de doctrine, nomilâli6 spiritualisme, soit par le fait même démontré? S*ensuivra-t-il qu'il y a une &me distincte du corps et capable de lui survivre? Ces deux vérités , la distinction de l'Ame et du corps et la survivance de Tàme, sont-elles contenues dans le fait expérimental de la perception directe de la personne huaiaine ?

Ici, il faut distinguer :

Que les doctrines spiritualistes puissent être extraites de ce fiediau moyen d'un raisonnement clairet solide, nous l'admettons sans hésiter ;

Qu'elles soient identiqttos au fait de la réalité de la 4>eriOime humaine, qu'éllesTeposent, emnme la réalité de la personne, sur l'expérience interne , nous le nions.

Ce que l'expérience interne nous fournit, c'est, en effet, uniquement cette donnée : le eujet de nos sensations et de nos ^ censées est une substance réelle , permanente , indivisible, identique à elle-même. *

L'expérience interne ne s'occupe pas du corps,^ elle ne le oon* • naît pas, oîi plutôt die ne le connaît que d*une manière vague, '. par les sensations internes qui nous révèlent l'existence de nos membres.

C'est l'expérience externe, c'est la perception de la vue et du tact qui nous révèle clairement et nettement notre propre corps. C'est l'expérienceMentifique qui nous révèle nos organes intérieurs, nos netfs, notre cerveau.

Or, pour établir la distinction de l'âme et du corps, il faut unir les deux perceptions, il faut connaître l'âme par l'expérience, interne, connaître le corps par l'expérience externe. De cette double connaissance, de l'étude des propriétés de l'un et de l'autre, résulte la nécessité d'admettre une substance simple distincte de l'organisme. C'est une conséquence du fait de conscience, mais une conséquenoe râenltant d'un raisonnment. Ce ||ra*«st pas le fait l#-méme.

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