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LIVRE III. -- CHAPITRE PREMIER. SIS

A plus forte raison, la seconde donnée du spiritualisme, la survivance possible de Tâme n'est-elle qu'une dérivation du fait de conscience, et est-elle tout à fait distincte da la donnée recueillie directement par Texpérience interne.

Or, c'est uniquement cette dernière donnée qui fait l'objet de notre étude. Ce que nous voulons montrer, c'est que l'expérience interne atteint directement la personne humaine à titre de substance. Nous ne nous occupons pas des conséquences de ce fait. Si ce fait conduit à la preuve du spiritualisme, tant mieux pour le spiritualisme. Si ce fait est inconciliable avec le matérialisme, tant pis pour le matérialisme.

Le grand problème de la nature humaine, la question grave et profonde qui fait l'objet de l'anthropologie, suppose la connaissanee et la conciliation de deux éléments; des données de la perception interne et de celles de la perception externe. Pour saisir le nœud de notre mystérieuse nature, il faut la regarder sous ses deux faces. Il faut remonter, par l'intérieur, des sensations et des pensées jusqu'à leur centre, il faut remonter, par l'étude philosophique ou scientifique, de la connaissance brute de notre corps par le dehors, à celle de sa nature intime. Ce n'est qu'après cette double étude qu'on peut espérer la solution du problème ^

Nous n'avons l'intention ici que de traiter une partie de ce problème, celle qui peut se résoudre directement par l'expérience interne.

Ce que nous soutenons, c*est que nos actes internes^ nos sensations, nos pensées, nos actes de volonté, sont essentiellement et par définition les actes d'une personne réelle, simple et identique, que c'est à ce titre que nous les percevons, et qu'ainsi l'existence de notre personne est aussi directement certaine que tout autre fait, que celle même de nos sensations et de nos pensées.

C'est ce fait unique, mais capital, que nous voulons mettre en

* Il est bien entendu que nous ne parlons ici que de la solution scientiflque et raisonnée. Fidèle à notre méthode, nous n^entendons pas contester les croyances du bon sens au sujet de la dualité de la nature humaine, ni les aspirations du cœur et de la conscience au sujet d'une vie future. Il y a là des données certaines mais confuses, qui peuvent guider l'analyse et le raisonnement dans Tétude approfbndie de cet questions.

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lamière. C'est sur ce fait et non sur les conséquences que nous vooloDs porter la discussion. D'ailleurs, a^r ainsi, c*est procéder d'une manière conforme à la méthode expérimentale, c*est-à-dire, constater isolément les faits avant de construire les théories qui doivent les lier entre eux. Afin de mieux marquer le point de vue restreint auquel nous nous plaçons, nous avons soin de dire que le moi est connu directement par Texpérience interne, mais nous ne dirons pas que rame est ainsi connue, parce que le terme d'&me indique expressément une substance distincte du corps, au lieu que le mai est simplement le sujet des sensations et des pensées. C'est ultérieurement et en comparant le moi avec le corps qu*il sera aisé de reconnaître que le moi est distinct de l'organisme et mérite le nom d'àme. En ce moment, c'est simplement l'existence réelle et substantielle du moi que nous vou* Ions prouver.

Passons à l'étude de nos moyens de preuves.

Au premier abord, il pourra sembler étrange que ce fait de conscience puisse être considéré comme expérimental, et qu'il ait néanmoins besoin d'être prouvé. Si ce fait est évident, quel besoin y a-t-il d'une démonstration ?

Nous répondrons à cette objection, que ce besoin d'une espèce de démonstration tient aux conditions spéciales dans lesquelles se fait l'expérience interne.

L'expérience externe a pour objet des faits visibles ou tangibles, qui peuvent être observées soit simultanément soit successivement, par diverses personnes, tout en restant les mêmes. Quand un professeur de physique veut démontrer la décomposition de la lumière par le prisme, il fait apparaître les sept couleurs sur une muraille, et de nombreux spectateurs voient le même fait et sont convaincus par la même évidence.

Démontrer un fait de cette nature, c'est simplement le mon-

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