LIVRE PRÉLIMLNAIRE. — CHAPITRE PREMIER
non recevoir absolues contre d'autres doctrines, ne seront plus à ses yeux que des mystères de la nature qui dépassent la puissance d'une intelligence bornée comme celle de Thomme.
Il est vrai que si le lecteur est d'une humeur plus sévère pour Fauteur et en même temps plus sceptique, il pourra procéder autrement.
Il ponfra se demander si le dernier système, traité avec la même rigueur que les précédents, exposé et critiqué d'une manière hostile, en se servant du langage et des opinions d'un système adverse, ne se serait pas aussi facilement écroulé.
Il pourra se rappeler la fable du lion abattu par l'homme, et le vers final :
« Si nos confrères savaient peindre. »
Il pourra essayer de faire lui-même cette critique, ou bien la trouver toute faite dans un autre livre de philosophie, écrit selon la même méthode.
Il reconnaîtra alors, que si le système n* 6 parait évident quand on a démontré la fausseté des n"" 1, 2, 3, 4 et 5, en vertu de cette raison capitale et sans réplique : « acceptons-le, faute de mieux », il sera également facile, en commençant par prouver que 6, 1,2, 3 et 4 sont faux, de faire agir en faveur de 5 le même argument avec la même puissance ; qu'une interversion d'ordre semblable donnerait l'avantage à chacun des autres, de sorte que cette série de critiques et de démonstrations successives deviendra parfaitement semblable au mouvement d'un écureuil dans une roue, chacun des barreaux de la roue se présentant à son tour d'une manière convenable pour servir d'appui à l'animal, mais cédant ensuite sous le poids dont il est chargé et attirant à sa place un autre barreau.
La conclusion logique d'une telle série d'argumentations serait le scepticisme absolu. Mais le scepticisme, une fois dogmatiquement énoncé, est lui-même un système de philosophie, qui, prouvé par la contradiction et l'impuissance des autres systèmes, prête cependant aussi le flanc aux objections ; qui contient ses absurdités, ses contradictions plus grandes que celles des autres doctrines, et peut aussi être réfuté en leur nom. Ce n'est donc qu'un barreau de plus dans la roue de l'écnreuil ; et le philosophe
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malencantrenx <pi » est engagé dans cetta manhinft Lodùcpie se trouve priBonnier et condaiimé à aa mouvement, c'estr^nfize à an cfaan^^ranfflit (Tapmion perpétoeL
Tel est cepenifamt le procédé hobitnei des livres de pbiLaecKphie qpi se publient de oas jaors. L'exposé des sjrstboues adverses, rbistoire des opinions philosophiques tiennent Ains ces livres one heanconp pins grande place <piB la daetam elLe^ même. Cest sur des mines ^ avec des matéiianx e^ctraits des raines qrxe se font les constructions métaphysiqaes : et btt son:vent elles sont aussi rnineases que celles qu'elles ont reofrplacées.
Y a--t-il un moyen de sortir de cette impasse? T »4h1 im moyen, d^ éviter d*iine port rapporouse de pétition, de principe qui se rencontre Larsqaon choiât soinomème ses déiinitiûos et ses axiomes* et d'antre part de ne pas avoir recoors à cet argmBeat & bible et & Ëicile à rétonjner qui consiste à appajor ki vérité d'an, système sur fmsnffi.sanre de tous les autres.
Tel est le prob&me dont nous avons longtemps cherché I2 sohition. La méthode que nous allons exposer nous paraît la seole qoi satisfasse aox comditions du problème.
Hfon» avons eu outre la conviction qu elle est pluinniin iif sufpour le résoudre.