‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 166 sur 320 · LIVRE ni. — CHAPITRE VH · texte numérisé non relu

LIVRE ni. — CHAPITRE VH

Gommentlioeepter en effet cette division des phénomènes psychologiques en sensations et images, complétée par la théorie ^^iès signes ou substituts mentaux 1 Quoi ! tout ce qu'il y a dans Phomme, considéré au point de vue moral, doit se réduire à une de ces trois choses : Sensation physique provenant de Tun de nos cinq sens. Image qui n'est que la reproduction spontanée et . hallucinatoire d'une sensation physique. Signe ou substitut, c'està-dire simple mot, simple son expressif, destiné à rappeler des - images ou des sensations !

Quoi ! toutes les jouissances, toutes les peines de l'humanité, tout ce qui la ravit ou la torture, c'est encore toujours une de ces trois choses : 1* sensation physique appartenant à la .troisième espèce des sensations du toucher ; 2* image ou reproduction d'une telle sensation ; 3* signe ou substitut mental d'une telle sensation !

Quoi ! l'activité de l'homme n'est rien ; il est purement passif; il ne fait que recevoir et répéter des sensations ! Cet être qui remue le monde, qui mesure le firmament, qui s'est emparé de la foudre, il est l'humble serviteur des impressions sensibles, ou plutôt il n'est rien ; U n'y a dans ce qu'il croit être rien de réel que les impressions sensibles elles-mêmes !

L'idéal, la vertu, la conscience, Théroïsme, la liberté, ces termes généraux et abstraits, ces idées qui remuent le monde social avec plus de violence que les ouragans et les cyclones n'agitent le monde physique, que sont-elles donc ? Quelle place ces notions occupent-elles dans la théorie de notre auteur ? ce ne sont pas des sensations physiques ; ce ne sont pas des images de ces sensations! Ce n#sont donc que des signes et des substituts mentaux.

Mais un signe est le signe de quelque chose ; de quoi ces termes sont-ils le -signe 7 De sensations physiques évidemment. Seulement alors le signe est faux et mensonger ; tons les hommes l'interprètent autrement. Mais qu'importe , cela rentre dans la théorie générale des illusions et de l'hallucination. Les hommes se trompent tous et toujours, Brutus seul a eu un éclair de raison quand il s'est écrié : Vertu, tu n'es qu'un nom !

L'âme humaine, l'âme du poète, ce merveilleux instrument

3M IX POôrrrnBHK ET 14 SCDE9£K EDÉBfacrEliJC.

qui Tibre à Tmaissom et tcwfees l» bgawl» entier* le génie ie Tartisle ^ crée ces i^vrc» ces t¥pei HéàJOL foi rsTÎMent la |MMtérité. que aml-ib daas b tMMrreDe psjcholoçie ? Un mîsériUe phonoeraphe fâ répète ^aotanéneBl la phrase que les sens loi ont dite« un échn ^ insensible et inintelligent qm redit en Faffaîbtissant Fair qm a été dbanté devant loi. nn panure perroquet qui articnle les mots qm oni été serinés par le mooTement intestin des centres senâ- Comment poorraît-fl t avoir antre diose, puisque tonte la connaissance humaine se réduit à ces trois choses : t* sensation pbjnque produite par rébranlement des centres sensitiis : 2* image ou reproduction de la sensation ; 3* signe ou substitut mental de la sensation.

Une telle psychologie ne mérite pas d^étre discutée. Condillac faisait tout sortir de la sensation, mais du moins il admettait que la sensation était transformée. Selon M. Taine« elle n*est que reproduite mécaniquemeuL

On comprendrait qu^une telle psychologie fut Tceurre d'un anatomiste de profession qui, Tœil toujours fixé sur son microscope, aurait oublié par la préoccupation exclusive d*une espèce de faits tous les autres objets de Texpérience.

Mais qu'elle soit l'œuvre d'un critique d'art, d'un historien, d^un homme qui, par devoir de profession, considère habituellement l'humanité par son côté le plus élevé, par son cAté moral, cela parait vraiment étrange. D y a là, il faut le dire, un phénomène mental très curieux, un véritable problème psychologique.

Ce problème sera aisément résolu si nous nous rendons compte de la méthode d'observation de l'auteur. On a reproché à la théologie catholique d'avoir dit que la philosophie devait être sa servante. M. Taine semble être d'un autre avis ; selon lui, la philosophie serait l'humble servante et la docile élève de l'anatomie et de la physiologie. En d'autres termes, sa méthode d'observation , à lui , pour connaître l'âme , c'est de regarder le corps.

Voici, en effet, comment, selon ce que je me représente, M. Taino a dû faire le travail préparatoire de son premier livre.

Il a commencé par s'abstraire entièrement de toute espèce de

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