‹ Le positivisme et la science expérimentaleChapitre 178 sur 320 · LIVRE IV. — CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE PREMIER

distinction. Us distinguaient deux espaces : Tun réel et créé qui est celui qu*occupent les sphères célestes; l'autre extérieur et indéfini, qu'ils appelaient espace imaginaire. Ils distinguaient également un temps réel, qui est celui dans .lequel s'écoulent des événements réels et un temps imaginaire, antérieur à la création et à toute succession.

Mais cette distinction ne saurait tenir, quant à l'espace, devant les découvertes astronomiques modernes. Nous savons qu'il n'existe pas de sphère céleste enveloppant tous les corps réels. Si l'ensemhle des astres est limité et défîni, l'espace qui l'entoure extérieurement ne diffère nullement^ quant à sa nature, de l'espace intersidéral.

D'ailleurs, en soi, pour qu'un espace soit défini et mesurable, il n'est nullement nécessaire qu'il contienne des corps. II suffit qu'il se rattache d'une façon quelconque à un corps qui puisse servir de point de repère et de mesure des distances.

Le problème reparaît donc tout entier. Comment une chose vide et sans réalité peut-elle être nécessaire et antérieure à toutce qui est réel? Conmient une nécessité objective peut-elle exister en dehors du Créateur et être indépendante de lui ?

Nous allons essayer de donner une solution de cette question, mais nous le faisons sous toutes réserves, et sans prétendre avoir complètement expliqué ces graves antinomies.

NATURE DE l'eSPACE QUI ENTOURE LES CORPS RÉELS

Plaçons-nous d'abord par la pensée dans la situation expérimentale ot nous nous trouvons en réalité. Admettons comme un fait l'existence de corps réels, et cherchons quelle est, cette condition étant posée, la nature de l'espace qui les enveloppe.

Cet espace existe objectivement. Il est indéfini dans tous les sens.

Ce sont d'incontestables vérités de bon sens. Quelque loin que Ton suppose une limite placée, il y a toijgours de l'espace au delà.

Les distances entre un corps et un autre sont d'ailleurs des distances objectives et réelles. Ce n'est pas par la pensée qu'un philosophe demeurant à Paris est éloigné de Londres : c'est physiquement. Bien loin que ce soit la pensée qui crée les distances, c'est elle au contraire qui les franchit et qui seule semble présente en plusieurs lieux.

Mais de quoi se compose ce quelque chose d'objectif qui s'étend indéfiniment?

Est-ce un être unique?

Nullement ; il n'y a d'unité dans l'espace que celle que nous y mettons. L'espace est un ensemble indéfiniment divisible de parties. Nous y traçons des divisions à volonté.

£n d'autres termes, l'espace se compose de lieux distincts.

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Qa'est-ce mainieoaDt qae ce liea? Qae sgaifie cette fknse : 3 liea ajaot la forme d*ane q^ère d^aa mètre de rajan et ëeat la caaiia est à 100 mètres aa-deasos da sommet de Tobélisqae ?

Tradaite eo termes concrets, cette phrase signifir :

Il est possible de placer an corps d'an mètre de rajon de telle aorte qjm son centre soit à 100 mètres aa-dessos da sommet de Fobélîaqae.

Oo bien encore :

n serait possible de placer ao-dessas da sommet de Fobé&qae 109 corps corps sphériqaes ajant an mètre de rajon, soperposés les ans aax antre?", de telle sorte que le centre du dernier se troare placé à IM mètres aadessus de l'obèlisqne.

Par cette analjse, nous reconnaissons qu'on liea n'est antre chose qae La possibilité d'an corps placé dans nne certaine relation de distance avec d'antres corps réels serrant de point de repère.

Ce qui constitue un lieu déterminé et objectif, ce sont ses rdations arec des points de repère réels. Des relations différentes constituent des lieux différents. Des relations identiques ne peurent constituer qu'un même lieu. A la même distance et dans la même direction par rapport à certain repère, il n'existe qu'un seul lieu. D n'y a donc rien autre chose qui soit olijectif dans un lieu que cette relation. Par conséquent, sans corp5 réel qui serre de point de repère, sans grandeur réelle qui serre de mesore aux distances, un lieu déterminé et objectif ne se conçoit pas.

L'espace étant l'ensemble des lieux possibles, peut maintenant être défini: l'ensemble des possibilités des corps soutenant, arec les corps réels, tontes les relations géométriques concevables.

Dans cette définition, on voit que l'espace est actuellement objectif parce que les relations qui constituent les lieux et leurs distances, ont un point de repère pleinement objectif dans les corps réels.

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